La turquie face aux defis eeconomiques

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  • Publié le : 29 novembre 2010
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La Turquie face aux défis économiques
Par Didier Billion, directeur-adjoint de l’I.R.I.S
Intervention prononcée lors du colloque du 21 février 2006 Turquie-Maghreb : les conditions du décollage économique

Avec la Turquie nous nous trouvons bien sûr dans un cadre différent de celui des Etats du Maghreb puisque ce pays a déjà connu sa phase de décollage économique, qu’il est dans un cadred’association avec l’Union européenne (UE) depuis 1963 et que des pourparlers d’adhésion ont débuté en octobre 2005 plaçant ainsi la réflexion dans le cadre d’une hypothétique adhésion à l’UE.

1. La situation économique actuelle

La Turquie face aux défis économiques
par Didier Billion, directeur-adjoint de l’I.R.I.S
Intervention prononcée lors du colloque du 21 février 2006 Turquie-Maghreb: les conditions du décollage économique

Avec la Turquie nous nous trouvons bien sûr dans un cadre différent de celui des Etats du Maghreb puisque ce pays a déjà connu sa phase de décollage économique, qu’il est dans un cadre d’association avec l’Union européenne (UE) depuis 1963 et que des pourparlers d’adhésion ont débuté en octobre 2005 plaçant ainsi la réflexion dans le cadre d’unehypothétique adhésion à l’UE.

1. La situation économique actuelle
D’après les plus récentes données de l’Institut national de statistique turc, le PIB par habitant a connu une croissance de 9,9% entre 2003 et 2004, un chiffre largement supérieur aux objectifs fixés qui étaient de l'ordre de 5% (7).
Quant aux performances en termes de croissance à long terme, les résultats sont aussi remarquables :la croissance du PIB entre 1995 et 2003, de l’ordre de 28%, est nettement supérieure, non seulement vis-à-vis de celle des deux autres pays candidats, la Bulgarie et la Roumanie dont l’adhésion est prévue pour 2007, mais aussi par rapport à la moyenne de l’UE-25, qui est de 18,8% (8).
Au vu de l'évolution positive de son économie, le secrétariat d'État turc au Trésor s’est même permisd’annoncer, le 4 mars 2005, que son pays n'avait plus besoin du milliard de dollars que les États-Unis s'étaient engagés à verser en septembre 2003, afin de soutenir ses réformes économiques et compenser les effets négatifs du déclenchement de la guerre en Irak (9). Le caractère hardi d’une telle déclaration n’échappera pas à ceux qui considèrent que l’économie turque vit essentiellement des aides et desprêts extérieurs et se contente de lorgner avec intérêt la supposée manne bruxelloise.
Néanmoins, l'économie turque est encore loin d'avoir réalisé son fort potentiel, en raison de difficultés structurelles persistantes. Victime d’une succession de périodes de croissance rapide et de crises marquées, la Turquie s’est trouvée, durant plusieurs années, face à une inflation endémique empêchantl'économie de stabiliser les fondamentaux d'une croissance durable. Le taux d’inflation qui avait atteint des chiffres préoccupants, 68% en 2001 par exemple, a fortement reculé au cours des trois dernières années et avec 18,4% en 2003 et environ 9% en 2004, 7,72% en 2005, a connu son niveau le plus bas depuis 30 ans (10). Les conséquences de cette inflation se concrétisaient par exemple dans la proportiondes prêts par rapport au PIB de l’ordre de 15% alors qu’il est de 170% au sein de l’UE

Il faut donc admettre que la Turquie est en situation de placer son économie sur la voie d’une croissance économique durable. Les progrès réalisés en termes de stabilisation macro-économique se reflètent, notamment, dans l’assainis-sement et le renforcement du système financier, qui ont constitué la pierreangulaire de l’ambitieux programme de consolidation de l’économie entrepris par le gouvernement turc après la crise de 2001. Encadré par un programme du FMI de grande ampleur, le gouvernement turc est directement intervenu afin d'empêcher l’effondrement complet du système bancaire, dépensant environ 44 milliards de dollars, soit 30% du PNB, pour la restructuration dudit secteur. Depuis,...
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