La vie des formes - henri focillon-

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  • Publié le : 21 juin 2010
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Henri Focillon nait à Dijon en 1881 et meurt dans le Connecticut aux Etats-Unis en 1943.
Fils d’un graveur, il fut directeur du musée des Beaux Arts à Lyon et professeur d’Histoire de l’art d’abord à la Sorbonne et plus tard à l’université de Yale aux Etats-Unis, où il choisit de s’exiler jusqu’à la fin de sa vie. Parallèlement à ces activités, il est l’auteur de plusieurs ouvrages théoriquessur l’art : en effet son esprit curieux le porta à s’intéresser aussi bien à l’art de son temps, qu’à l’art médiéval ou encore à l’estampe japonaise.
George Kubler, un ancien élève de Focillon, nous apprend que sa méthode en tant qu’enseignant d’histoire de l’art consistait à « s’associer à ses élèves comme collaborateurs plutôt que de les plier à la hiérarchie » (George Kubler, L’enseignementd’Henri Focillon dans Relire Focillon). En effet Focillon eut un rôle novateur dans l’enseignement : il institua à Paris comme à Lyon et plus tard aussi à Yale, des « groupes d’étudiants » ; ces groupes avaient pour but de préparer les élèves de l’université à s’associer aux professeurs dans des recherches avancées. L’originalité de Focillon se manifesta ainsi non seulement à travers son approcheinnovatrice de l’enseignement mais aussi dans une vision très personnelle de l’œuvre d’art, dont il expose les principales idées dans La vie des formes.

La vie des formes parait en 1934, suite à deux conférences sur le même sujet que Focillon avait données en 1933. Il s’agit d’un petit traité théorique dans lequel il expose sa conception de l’œuvre d’art en tant que forme avant tout. Si Focillon aécrit cet ouvrage en un bref délai et que certains le considèrent en quelque sorte comme une ébauche, on y retrouve néanmoins les principaux vecteurs de sa pensée. Le titre contient déjà les deux mot-clé à l’appui desquels l’auteur élabore sa pensée: “vie” et “forme”. Ecrit sous une forme qui s’apparente à celle de méditations poétiques, ce livre n’est pas aussi inoffensif qu’il pourrait le sembleret l’auteur s’attaque de façon subtile à la pensée de plusieurs de ses prédécesseurs et de ses contemporains. Il se place notamment contre Taine, Panofsky, Male, Wölfflin et Riegl.
A travers la phrase empruntée à Balzac « Tout est forme, même la vie est forme », l’auteur nous présente l’intention derrière son ouvrage : dégager les logiques sous lesquelles apparait et se métamorphose la forme, etses caractéristiques en tant qu’entité à la fois autonome et à la fois rattachée à un sens, ainsi que les liens qui unissent la forme et ses possibles interprétations. Une fois ces éléments identifiés, la question ultime que se pose Focillon est : dans la vie d’une forme et lors de ses transformations multiples, quelle est la part de nécessité et quelle est la part de liberté?

Dans le premierchapitre intitulé Le monde des formes, l’auteur se pose le problème de la définition de l’œuvre d’art, problème qui, comme lui-même le souligne, avait déjà été posé précédemment dans l’histoire de l’art. A cet égard, Focillon précise que la réponse à cette question varie : selon que la personne soit l’artiste, le commanditaire ou un simple observateur, chacun aura des attentes et des besoinsdifférents, donc une définition différente de ce qu’est l’œuvre d’art. Mais il ajoute ici à cette définition une notion-clé : bien qu’elle soit à la fois matière et esprit, l’œuvre d’art est avant tout une forme.
Quelles sont les caractéristiques de cette forme pour Focillon? Elle est avant tout dynamique, elle est définie par l’espace qui l’entoure et en même temps elle définit l’espace autour d’elle,ainsi que d’autres espaces possibles : « Elle est stricte définition de l’espace mais elle est suggestion d’autres formes. Elle se continue, elle se propage dans l’imaginaire, ou plutôt nous la considérons comme une sorte de fissure, par laquelle nous pouvons faire entrer dans un règne incertain, qui n’est ni l’étendu, ni la pensée, une foule d’images qui aspirent à naitre. » Comme les formes...
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