Le colonel chabert

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 38 (9422 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 4 mai 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
www.comptoirlitteraire.com

André Durand présente

‘’Le colonel Chabert’’
(1832)

nouvelle de BALZAC et film d’Yves Angelo

(80 pages)

pour lequel on trouve un résumé

puis successivement l’examen de :

l’intérêt de l’action (page 2)

l’intérêt littéraire (page 4)

l’intérêtdocumentaire (page 5 )

l’intérêt psychologique (page 8)

l’intérêt philosophique (page 11)

l’intérêt de la réalisation (page 12)

Bonne lecture !

Résumé

En 1819, à son retour en France, le colonel Chabert, homme simple et loyal, laissé pour mort dix ans auparavant sur un des champs de bataille de l’Empire, cherche en vain àrecouvrer son identité. Dégoûté par la comédie que lui joue sa femme qui est remariée et que ce revenant dérange dans ses ambitions, il renonce à la lutte juridique et, s’excluant de la société, tombe dans la misère.

Analyse de la nouvelle et du film d’Yves Angelo

(la pagination est celle du Livre de poche)

Intérêt de l'action

Avec un personnage qui prononce cette phrase impossible :« Je suis celui qui est mort », ‘’Le colonel Chabert’’ est une histoire de résurrection (on y retrouve le vieil archétype du Christ réapparaissant à ses disciples après sa mort), une résurrection toute en douleur, une histoire de héros revenant longtemps après la fin de la guerre (comme Ulysse ou Agamemnon), une histoire de revenant d'entre les morts, de messager des ténèbres, d'homme qui a étévictime d'un crime et qui dit : « Je suis là, je veux me venger, même en faisant appel à la loi, pour rentrer en possession de mon nom, de mon rang, de ma fortune et de ma femme ». Cet homme mène le combat de sa vie, dans lequel il perdra car, s'il a pu se déterrer, sortir de son trou, quitter les morts, se recoudre le crâne, marcher pendant des années, il aura bien plus de mal à s'authentifier, saparole n'offrant aucune garantie, et surtout à résister à sa femme et à une société dans laquelle, nécessairement, il introduit le désordre. Et sa femme est en quelque sorte une victime innocente elle aussi car elle s'est remariée en toute bonne foi (un autre titre donné à la nouvelle est ‘’La comtesse à deux maris’’), croyant son mari mort, et elle a des enfants (son argument suprême est : il nes'agit pas de moi, il s'agit des enfants).
Cette histoire de revenant, cette scène parisienne, cette histoire militaire et politique où il y a un affrontement public entre le héros militaire de l'Empire et la société de la Restauration, cette étude de femme, cet affrontement privé entre le mari et l'épouse qui est une autre variation sur l'éternelle lutte de l'homme contre la femme et de la femmecontre l'homme, est une tragédie moderne, pleine de violence et de noirceur, qui reprend l'idée intemporelle du passé qui revient dans un présent, où le personnage subit bien la fatalité.
Mais la nouvelle, dont le titre primitif était ‘’La transaction’’, c'est-à-dire un acte juridique par lequel on évite un scandale public, le scandale d'un procès, d'une instruction, est aussi une affairejudiciaire. L'avoué Derville est l'intermédiaire qui négocie avec le revenant. Il connaît les secrets du monde, il dit à la fin qu'il a « vu les sentiments les plus méprisables, toutes les horreurs du monde qui [lui] fait horreur ». On peut l'identifier à l'auteur : c'est lui qui tient les fiches, qui connaît les secrets, qui fait la description des horreurs de la société pour tirer la leçon qui est dequitter Paris ; il est le philosophe de la société qui la condamne en s'en retirant, au lieu de chercher à y faire fortune comme tout le monde.
Dans le film, c'est au début que Derville dénonce la société. Cela nous amène à étudier l'adaptation de la nouvelle faite par Angelo.

Déroulement :
Dans la nouvelle, l'exposition est trop longue tandis que le drame est extrêmement bref, sans détails...
tracking img