Le monde de naarnia c bon

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  • Publié le : 7 mai 2011
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Commentaire littéraire
Ayant été incontestablement l’une des plus grandes figures des Lumières, l’illustre Voltaire a, durant toute son existence, combattu le fanatisme et l’ignorance, entre autres.
Dans le texte qui fera l’objet de notre commentaire, il condamne habilemen t la censure,les travers et les abus du système politique français qu’il tourne en dérision, pour mieux affirmer lesidéaux des Lumières.
Dans une première partie de ce commentaire, nous pourrons constater que ce rendu de jugement s’agit en fait d’un violent pamphlet dont la visée réelle a été détournée. Ens uite, nous montrerons que les idéaux des philosophes des Lumières s’affirment entre ces lignes qui, à la vérité, bafouent la censure, l’Église, et les institutions franç ;aises.

I. Un violent pamphlet, maisdes moye ns indirects

Le pittoresque de la fiction orientale

À une époque où la censu re guette, les philosophes des Lumières sont contraints de détou rner la véritable visée de leurs écrits.
Pastiche du jugement équitable, procédé ironique et satirique de la rétorsion

Aussi Voltaire choisit-il de dépayser sa critique, dans ce rendu de jugement trompeur. Faire parl er Joussouf-Chér ibi,c’est mettre sur le compte du cruel archaïque despotisme orienta l – tel que se le représente les occidentaux –, l’étroitesse de vue de la censure, et non s’attaquer directement aux censeurs royaux. Un orientalisme de pacotille dont le pitto resque provient tout d’abord de la mention des noms et qualités des dignitaires du gouvernement ottoman (», « Saïd-Effendi, ci-devant ambassadeur de laSublime Porte »). Et si le nom propre « Joussouf-Ch& eacute;ribi » a une consonance comique, la date choisie et présentée selon l’éphéméride musul mane se trouve discréditée par le lieu de rédaction (dans notre palais de la stupidité »). Ensuite, le point de vue ottoman permet de nommer la France par une désignation comique qui en souligne la petitesse : « un petit État nommé Frankrom, situé entrel’Espagne et l’Italie ». À mentionner aussi que les références religieuses dans le texte y sont extrêmement nombreuses, comme pour m ieux faire ressembler le texte à une fiction orientale, mais surtout pour s’attaquer à l’Église. En effet, même si l’auteur du jugement se réclame de Mahomet, même si les mots/expressions et les désignations imagées employées telles que « diminuer le nombres de pèlerins dela Mecque » ou « Lumières de Lumières » rappellent l’orient et la religion musulmane, d’autres indices tendent à semer le doute chez le lecteur : des expressions qui peuvent très bien avoir été prononcées par un prédicateur français (« le respect qu’ils ont pour Dieu », « contre les or dres de la providence », « pour l’édification des fidèles et le bien de leur âmes », « sous peine de damnationéternelle », « enjoignons à tous les vrai croyants ») ou être tout droit sorties d’une conversation de salon parisien (« ce qu’à Dieu ne plaise »).
Outre l’emploi de la fiction orientale, Voltaire met en œuvre d’autres moyens pour détourner la véritable visée de son texte. La stratégie polémique de la rétorsion en est un. Dans ce pastiche, Voltaire reprend en effet l’argumentation de son adversairepour son compte, pour mieux en montrer l’erreur et l’absurdité (emploi d’un rendu de justice équitable). Il fait alors appel à l’ironie, dont il sait si habilement la manie. Mais cette ir onie ne réside pas que dans le fait de feindre d’employer le discou rs de l’adversaire en simulant de le valoriser, non puisque l’auteur introduit discrètement des marques de jugement (modal isateurs : «évidemment ;»,
« la saine doctrine »…) des éléments de disco urs dévalorisant. Mais surtout, par la juxtaposition de fait ou d’élément contradictoires (emploi d’antithèses, d’oxymores et d’amalgames ; établissement de rapprocheme nts satiriques et de faux rapports logiques), l’auteur fait éclater l’absurdité nocive du système autoritaire et obscurantiste :
sottise / bénédiction Þ amalgame...
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