Le pari de pascal (fragment 397)

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  • Publié le : 15 mai 2010
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Le pari de Pascal
Pensées, fragment 397

Les Pensées sont l’œuvre incomplète de Blaise Pascal, dont l’écriture a été entreprise dès 1655 et jusqu’à la fin de sa vie. Le fragment que nous allons étudier, le 397ème, semble dater de 1655 et se situe dans la partie (liasse?) Preuves de la religion par le peuple juif, les prophéties et quelques discours, et le premier de la Série II. Il marque lepassage de la vie mondaine de Pascal à la vie pieuse par sa seconde conversion du 23 novembre 1654. C’est donc avec l’inspiration que lui a donné sa récente et réelle conversion ainsi que sa vie à peine passée que Pascal commence à la fois une anthropologie et une apologie du christianisme en ce seul fragment. Ce moment de sa vie se marque aussi par le fait qu’il utilise un raisonnementmathématique rationnel de probabilités, dont il est un des créateur, pour exposer sa pensée alors qu’il nommera par la suite les activités mathématiques et scientifiques de vanités, ainsi que par le fait qu’il en use envers, selon la note 1 p 600, « un public de libertins joueurs (…) parmi les familiers du duc de Rouannez » qu’il fréquentait. Ce fragment nie donc déjà à la fois son passé par le fait que lesdestinataires de ce fragment soient des personnes de son entourage, l’usage des mathématiques montre que ces idées sont encore jeunes mais peut aussi avoir été fait en toute conscience pour faire adhérer un public qui n’accepte que démonstrations, sciences, divertissements, imagination, vanités et qui joue beaucoup donc comprendrons mieux ce genre d‘argument. Cela nous dirige vers l’apologie mêmesi ce fragment est, toujours selon cette même note, « antérieur par la date au projet même de la grande apologie », grâce à son séjour à Port-Royal-des-Champs avec les solitaires en janvier 1655 et par le fait qu’il essaie de faire croire en Dieu. En effet, dans ces quelques lignes Pascal tente de concilier la logique qui est fondée sur la démonstration et qui est rationnelle et la foi fondée surla croyance et qui est irrationnelle, et s’en sert d’argument pour convaincre l’athée, car même si l’incroyant conviendra peut-être de l’hypothèse de l’existence de Dieu grâce à une part donnée au surnaturel, cela ne suffira pas à obtenir son adhésion.
Ce fragment est le plus souvent nommé « le Pari » ou « Infini Rien ». Un pari est à la fois, selon le Petit Larousse, une « convention parlaquelle des personnes soutenant des opinions contradictoires s’engagent à verser une somme d’argent à celle d’entre elles qui se trouvera avoir raison, à la faire bénéficier d’un avantage quelconque», et « l’affirmation qu’un évènement hypothétique (très incertain) se produira, sans enjeu défini ». Pour l’expression « Infini Rien », l’infini est « ce qui est sans limites, ce que l’on suppose sanslimites » et il est pour Pascal l’ « objet » qui oblige la raison à reconnaitre l’existence réelle d’une chose qu’elle ne peut comprendre, comme Dieu. Le rien est « la négation, l’absence de quelque chose, aucune chose ».Nous verrons que dans ce pari, c’est la première définition qui est la plus appropriée. Dans celui-ci, Pascal évoque l’idée que l’homme doit choisir entre croire en l’existence deDieu ou en sa non-existence, et il est contraint à ce choix. Il est vrai que l’existence de Dieu pose problème pour ceux faisant appel à la raison car par la raison il est tout autant impossible de montrer son existence que sa non-existence, c’est-à-dire que la croyance en Dieu n’est pas choisie par la raison. Il essaie par un raisonnement en probabilités de convaincre qu’il y a tout à gagner àcroire en Dieu, et rien ou presque rien à perdre. TABLEAU. Pascal sous-entend que si Dieu existe, nous auront droit à un bonheur infini si l’on croit en lui et si l’on renonce dans notre vie aux plaisirs et aux satisfactions terrestres. Il y explique que si le non-croyant parie sur le fait que Dieu n’existe pas, si en réalité il a raison le croyant comme le non-croyant ne perdent rien, et que si...
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