Le propre et le sale

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 33 (8053 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 1 avril 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
« Les nourritures affectives »

De Boris Cyrulnik

Partie I : Résumé de l’ouvrage

Avant propos : " Où est le problème ? "

Dans cette introduction, l’auteur commence par aborder le thème de l’observation. Le regard que chaque individu porte sur le monde est influencé par ses spécificités sensorielles, les modalités de son « appareil à percevoir » et ses connaissancesthéoriques.
L’univers humain étant bercé de sens et du sens que le contexte et l’histoire donne aux choses, l’éthologie est sans conteste la façon la plus objective d’étudier les multiples caractéristiques des êtres vivants. En effet, en s’éloignant de la verbalité, l’étude comparative de l’animal et de l’Homme permet de se décontextualiser, de fuir les certitudes et de laisser place à la découverteen se penchant bien plus sur les différences que sur les analogies.

Ce livre traite de l’affectivité, notion bien souvent mise de côté au profit de l’idée d’un monde intellectuel séparé du monde sensible. Pourtant, l’affectivité joue un rôle primordial dans le développement et les interactions entre les individus, c’est pourquoi l’auteur nous propose d’en étudier la genèse et le rôle àpartir de six grandes questions.
- " Le hasard de nos rencontres serait-il déterminé ? "

L’apparition de deux sexes distincts impose de se rencontrer pour assurer la survie de l’espèce. La rencontre, qui constitue donc un événement capital, semble être déterminée par différents facteurs.
Tout être vivant dispose d’un équipement nerveux et sensoriel lui permettant de capterles signaux environnementaux qui lui sont utiles. C’est en cela que l’univers mental de chaque espèce est différent et que le sens donné aux choses varie en fonction de chaque individu.
Dans une rencontre, les sens sont en émoi face aux nombreux signaux émis par la personne côtoyée. Ces signaux réveillent des émotions et la charge sémiotique dont ils sont porteurs, variable selon les cultures, lesindividus et les espèces, permet la mise en place d’une relation car elle entre en résonance dans le monde mental de l’autre. C’est ainsi que l’odorat, la vision et les perceptions sonores renseignent et influencent les comportements. La faculté de mise en sens d’un signal dépend également de l’organisation neurosensorielle et de l’histoire personnelle du récepteur. Dès lors, « tout peut fairesigne » (p. 30)
A partir de ses sens, l’animal donne une valeur symbolique aux signaux. L’homme, quant à lui, en fonction du contexte socioculturel dans lequel il se trouve, invente à partir de sa sensorialité, des codes qui confèrent un sens aux objets absents. C’est ainsi que le poil ou le vêtement, chargés d’une dimension sémiotique et sémantique, peuvent prendre la valeur de discours :ils renseignent sur le statut social de l’autre et informent sur la manière d’interagir avec lui. Ainsi, nos comportements et le sens que l’on donne à nos sens vont déjà poser des conditions et diminuer ou favoriser les possibilités de rencontre.
De plus, toute rencontre est imprégnée de facteurs psychosociaux qui renvoient à notre propre structure interne : nous ne sommes attirés que par ceux dontles signaux émis entrent en résonance avec notre propre sphère émotionnelle et affective, laquelle est fonction de notre personnalité.
D’autre part, pour aboutir à une relation, les émotions des partenaires doivent être synchronisées. Pour cela, il faut en passer par un discours comportemental ritualisé créant un espace émotif : la conversation, l’activité motrice, la distanceintercorporelle et le regard, sont autant de facteurs porteurs de signifiants actifs qui influencent la manière d’être en relation.

Ainsi, dans la rencontre, tous les sens prennent sens.

II - A quoi rêvent les fœtus ?

En s’appuyant sur des données scientifiques, Boris Cyrulnik étudie dans ce chapitre les différentes facultés sensorielles prénatales et leurs fonctions, en plaçant la...
tracking img