le rapport de stage de RMA watanya

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  • Publié le : 30 janvier 2015
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La critique sociale dans l’Ile des Esclaves 

Le contexte politique
À l'époque où Marivaux écrivait ses pièces le pouvoir absolutiste était contesté en France où une révolte opposant les paysans et les seigneurs avait lieu.
Il y eut aussi l’affaire Law : ce banquier anglais, sous Louis XIV essaya d’instaurer le billet de banque. Il transforma la somme de la richesse de la France en billets.Seulement, la richesse du pays reposait sur un homme qui faisait circuler plus d’argent que la France n'en possédait, ce qui impliqua la faillite… Cette expérience a marqué les mentalités. Dans L'Île des Esclaves, des maîtres deviennent valets et cela arrive réellement. La pièce se déroule sous la Régence qui se caractérise par la recherche des plaisirs (cf. : Fragonard, peintre de la Régence).Le contexte social
Les nobles ont souvent beaucoup de domestiques alors que les bourgeois ont généralement une servante unique qui dort près de sa maîtresse, de ce fait, il y a une familiarité entre elles, la plupart du temps.

Le contexte culturel
Des philosophes comme Voltaire ou Montesquieu contestent la religion et la monarchie absolue et de Marivaux à Beaumarchais, la satireindividuelle s’élargit à des dimensions de satire sociale.
Des salons sont créés et c’est à travers eux que sont diffusées les idées nouvelles.
Les valets ne sont pas admis à la Comédie française, même en payant leur place.


I. CRITIQUE DU STATUT SOCIAL.

Dans cette pièce de Marivaux, il y a une critique du statut social. En effet, on sait que le pouvoir des nobles n’est pas acquis par le travail etle mérite mais il est transmis de façon héréditaire. Cela implique donc que le maître, en l’occurrence le noble donne des ordres parce qu’il en est ainsi depuis sa naissance et le valet obéit comme il le fait depuis toujours. Dans L'Île des Esclaves, Iphicrate est un noble. Il a une épée, privilège de la noblesse, et s’en sert beaucoup pour se faire respecter d’Arlequin qui, lui, n’a que la parolepour se défendre.
D’ailleurs, Iphicrate ne veut-il pas dire en grec " celui qui domine par la force " ?
Entre ce maître et son valet s’est installée une relation violente aussi bien physique que morale qu’Arlequin n’hésite pas à dénoncer dès la scène I par exemple lorsqu’il dit " les marques de votre amitié tombent toujours sur mes épaules " ou encore lorsqu’il avoue que les complimentsd’Iphicrate " ont coutume d’être faits à coup de gourdin " ; or, celui-ci étant dans la chaloupe, le maître ne peut faire taire l’insolence de son valet. (cf Scène IX)

Cette violence, symbole de puissance, se retrouve aussi chez Euphrosine et Cléanthis.
Cléanthis signifie en grec " fleur glorieuse ". Son nom était déjà apparu dans L’Amphitryon de Molière où il désignait une servante effrontée refusantla soumission.
Entre elle et sa maîtresse, la violence n’est pas physique mais morale. Les exemples les plus frappants sont les scènes III et IV dans lesquelles Cléanthis énumère les défauts de sa maîtresse de façon très agressive. Ces défauts n’apparaissent jamais lorsqu’elle est en public car les maîtres portent un " masque " ; ils cachent leur vrai visage pour plaire à leur entourage et seulsles valets, qui les côtoient tous les jours, connaissent leur vraie nature.
Les valets critiquent, à travers les scènes des portraits, le fait que les maîtres s’affublent de masques. Mais, comme au théâtre, comme chacun le sait, il y a des spectateurs, cette critique s’adresse au public. Les valets n’étant pas admis à la Comédie française, Arlequin et Cléanthis deviennent leur porte-parole, lesporte-parole d’une classe sociale obligée de subir tour à tour violences physiques et morales.
Ces violences conduisent même à la dépersonnalisation des valets : ils n’ont même plus de noms et répondent seulement aux surnoms " hé " pour Arlequin et " Sotte, Ridicule, Bête, Butorde, Imbécile " pour Cléanthis (cf Scène III)
Mais, il y a dans L'Île des Esclaves, une autre critique : la critique...