Le solidarisme

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  • Publié le : 23 novembre 2009
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BLANCO Valérie

Le solidarisme :
théorie et pratique

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Introduction :

A la fin du XIXème siècle, la France subit le renouveau de la grande usine à travers l’augmentation de la grande usine et l’apparition progressive du taylorisme. De plus, les conflits sociaux se multiplient favorisés par l’essor des syndicats et la montée en puissance du socialisme. On a conscience desdifficultés économiques et sociales de la nouvelle classe prolétarienne. Il y a des besoins matériels mais également un besoin d’intégration et de protection sociale. Ces problèmes économiques et sociaux vont être au cœur des préoccupations des partis politiques à la fin du XIXème siècle et au XXème siècle.
Dans les années 1870, 1880, pour la première fois, tous les pouvoirsappartiennent aux Républicains. Ils se divisent en deux groupes principaux. Les plus nombreux sont les modérés, aussi appelés « l’union départementale » avec pour leaders Jules Ferry et Léon Gambetta. De l’autre côté, le groupe radical emmené par Georges Clemenceau entre autres. Mais ce dernier groupe reste minoritaire en France. Les Républicains modérés conservent la majorité lors de l’élection à lachambre des députés et il faut attendre l’élection de 1906, avec l’affaire Dreyfus pour voir s’ouvrir la période de la « République radicale » jusqu’en 1914. Celle-ci est inaugurée par le ministère Clemenceau de 1906 à 1909.
Mais parallèlement, le radicalisme se trouve obligé de compter avec la pénétration du prolétariat par le socialisme et la prédominance des théories marxistes ou collectivistes dusocialisme français.
Cependant, ces oppositions n’empêchent pas une attitude de ‘défense républicaine », commune aux modérés, radicaux et socialistes quand la République est en péril lors des crises du boulangisme de 1885 à 1889 et surtout à l’occasion de l’Affaire Dreyfus de 1898 à 1906. Dans ces moments, l’appui de la franc-maçonnerie est relativement important.
Face à lamontée du socialisme en France, les radicaux doivent se fortifier. En juin 1901, on créé à Paris le parti républicain radical socialiste sous la présidence de Léon Bourgeois. C’est dans ce contexte de rivalité avec le socialisme révolutionnaire que se situe le grand effort pour doter le radicalisme d’un corps de doctrine qui lui manque pour passer du simple « état d’esprit » à une véritableidéologie pouvant s’opposer à la doctrine marxiste bien en place. Ce sera l’œuvre de Léon Bourgeois et de sa doctrine de la solidarité.
Avocat et homme politique français (1851-1925), avec le solidarisme, il propose aux radicaux le programme économique et social dont le parti radical avait besoin pour se distinguer du libéralisme individualiste et du socialisme collectiviste. Ses idées sont exprimées dansune série d’articles et d’œuvres entre 1896 et 1902.
Le solidarisme devrait représenter la formule idéale d’une République humanitaire : un libéralisme économique amendé d’institutions et d’interventions sociales. Là où la solidarité naturelle engendre injustices et inégalités, une intervention doit avoir lieu, selon le solidarisme par une forme de quasi-contrat où tous les hommes sontsolidaires et les échanges basés sur l’association.
Dans ce contexte de début de siècle, comment la doctrine du solidarisme parvient-elle à se développer et marquer le premier quart du XXème siècle ? De quelles manières les radicaux mettent-ils cette doctrine en application ?
Nous verrons dans un premier temps de quelle façon se forge la doctrine du solidarisme à travers le personnagede Léon Bourgeois. Puis nous étudierons quels sont les grands principes qui régissent le solidarisme. Enfin, nous analyserons la mise en pratique de la doctrine dans la société française, voire au-delà.

I. L’institution de la doctrine solidariste

1). Un long cheminement

La question sociale est très importante dès la fin du XIXème siècle. Il s’agit de déterminer comment la...
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