Le vague des passions

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 18 (4394 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 26 janvier 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
Le “Vague des passions”.

René de Chateaubriand, bref récit à caractère autobiographique, paraît en 1802; il a été composé comme un épisode de la longue épopée des Natchez, mais détaché ensuite de celle-ci et inséré dans le Génie du Christianisme (ouvrage apologétique écrit pendant son exil et qui défend la sagesse et la beauté de la religion chrétienne, affectée par laphilosophie des Lumières, puis par la tourmente révolutionnaire) pour illustrer le “Vague des passions”.
*

Par ce premier mal du siècle, Chateaubriand entend un état où d’inutiles” rêveries” sans objet font du jeune homme un être exclu et solitaire, dès lors qu’il n’a plus l’appui de la religion.
Le ton mélancolique dans René rappelle parfois celuid’Oberman de Senancour, le genre celui des Rêveries du promeneur solitaire de Jean-Jacques Rousseau et la plainte celle du Werther de Gœthe.
Pour mieux étudier l’idée du “Vague des passions”, il est intéressant de réfléchir aux différentes passions qui existent dans René ; ainsi, on analysera successivement la passion bucolique car la nature joue un rôle très important dans leroman, la passion solitaire puisque René est un être très marginal et reclu de la société et enfin la passion sentimentale avec l’amour ambigu entre frère et sœur esquivé grâce à la religion ainsi que l’aspiration a l’infini et le rapport de René à la mort.

*
Le Voyageur contemplant une mer de nuagesCaspar David Friedrich (1817)
Dans ce tableau, on a l’impression de deviner les sentiments tourmentés du personnage rien qu’en contemplant le paysage nuageux qui l’entoure.


1) Passion bucolique
-La nature, objet de contemplation
La contemplation de la nature prend dans l'âme deRené (ceci se retrouve chez Oberman également) une dimension métaphysique qui le confronte à l'infini, sorte d’idéal auquel il aspire comme nous le verrons plus loin. Dans Senancour, on retrouve un esprit contemplatif très marqué puisque Oberman passe ses journées à admirer la nature qui possède des vertus apaisantes pour son âme meurtrie. Cet environnement lui est indispensable car il est sonseul refuge ; Oberman, tout comme René, ne peut trouver une harmonie intérieure que dans la nature.

-La nature reflet de l’état d’esprit des personnages
Un passage est très significatif lorsque René semble observer la nature mais que l’on constate que le moindre élément de ce paysage est coloré des sentiments de l‘observateur etdevient le reflet des états d’âme du narrateur.
“Il me manquait quelque chose pour remplir l’abîme de mon existence : je descendais dans la vallée, je m’élevais sur la montagne, appelant de toute la force de mes désirs l’idéal objet d’une flamme future ; je l’embrassais dans les vents ; je croyais l’entendre dans les gémissements du fleuve : tout était ce fantôme imaginaire, et lesastres dans les cieux, et le principe même de vie dans l’univers.”
On voit aussi dans cet extrait que René possède un idéal puisqu’il cherche à “allumer” quelque chose en lui (“flamme future”) ; il aspire à quelque chose dont il manque pour linstant mais qu’il n’a pas beaucoup d’espoir de trouver puisqu’il parle de fantôme imaginaire”.-La nature, échappatoire de la société
Dès la première page, René est décrit comme un être solitaire et marginal puisqu’il ne vit pas en société, “un penchant mélancolique l’ayant entraîné au fond des bois”. L’insuccés des expériences précédentes le détermine à se retirer dans la nature.
La nature est un lieu de repos, de recueillement ; René,...
tracking img