Lecture analytique germinal

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  • Publié le : 11 décembre 2010
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Germinal, V, 5, Zola
Introduction :
A la fin du XIXe, le roman s’est affirmé, principalement dans la voie réaliste. Zola l’engage dans la voie naturaliste : c’est le chef de file du naturalisme. Il fait du roman un documentaire scientifique où l’hérédité ainsi que le milieu influent sur les personnages.
C’est pour cela qu’il décide de dépeindre la société du second empire dans sa fresque desRougon-Macquart qui comporte 24 œuvres. Il y fait en fait la critique du Second Empire.
Dans son 14e roman, Germinal, il décrit la vie des mineurs du nord de la France et il évoque les grandes grèves de 1880 : c’est un roman engagé.
La page que je vais lire est extraite du livre V. La grève est décidée depuis plus de deux mois. Exaspérés par la faim, ils vont de fosses en fosses, attaquent lesnon-grévistes, détruisent le matériel. Bientôt, une bande enragée d’hommes et de femmes court la campagne. Mme Hennebeau, Cécile Grégoire, l’ingénieur Négrel et les deux filles Deneulin, en promenade, sont surpris par le délié. Ils se réfugient dans une grange
Nous allons montrer que cette page construit une image assez ambigüe du peuple, des grévistes

I – Une mise en scène polémique
II – Uneamplification épique
III – Une vision prophétique

I – Une mise en scène polémique

1. La présentation antagoniste bourgeois/mineurs
- Les mineurs prennent tout l’espace tandis que les bourgeois sont cachés, immobilisé, dans une étable  très symbolique
- Mme Hennebeau s’appuie sur une auge (l.32)  annonce une déchéance sociale
- Normalement, ce sont les ouvriers qui ont peur desbourgeois, mais, ici, c’est le contraire : « L’idée qu’il suffisait d’un regard … la glaçait » l.32/33 Mort symbolique vécue par les bourgeois dans la peur :
o Verbes de paroles qui signalent que les bourgeois sont discrets : « murmura » l.6 ; « balbutia » l.22 ; « dit entre ses dents » l.22 ; « dirent à demi-voix » l.29
o Expressions qui signalent leur posture de peur : « se tenait en arrière » l.2 ;« reculèrent » l.31 ; « ne bougeait plus » l.35
o Champ lexical de la peur : « blêmir » l.32 ; « glaçait » l.33 ; « épouvante » l.34 ; « effroyable » l.41
o Verbes de perception : « regard oblique » l.2 ; « avaient mis un œil à une fente » l.3 ; « voyait » l.17 ; « regardaient quand même » l.35 les bourgeois ne s’empêchent pas de regarder, ils sont fascinés/stupéfaits malgré la peur

2. Lespoints de vue
- Bourgeois vus par un narrateur omniscient, il les juge : la description donne une idée très négative des personnages :
o Mme Hennebeau :
 égoïste : « pris d’une colère contre ces gens qui gâtaient une de ses plaisirs » l.1  disproportion entre l’analyse de la réalité qu’elle fait et la problématique de ses plaisirs
 méprisante : « regard oblique et répugné » l.2 + discoursdirect « Quels visages atroces ! » l.22
o Négrel :
 Marque de mépris : discours direct « Prenez vos flacons, la sueur du peuple qui passe ! » l.6
 Cependant, le narrateur est plus indulgent avec lui : « malgré ses convictions républicaines » l.7 ; « très brave d’ordinaire » l.33. Lui, comparé à Mme Hennebeau, il a une vision du monde un peu plus large : « Le diable … ces bandits-là ? »  Ilvoit la réalité telle qu’elle est
o Les bourgeois sont mal jugés, sauf Lucie et Jeanne qui ont une vision d’esthète (esthétique) : « Oh ! superbes » l.29 ; « leur goût d’artistes » l.29  Elles voient les choses comme un spectacle.
- Les ouvriers sont vus à travers les yeux des bourgeois (focalisation interne) mais également par le narrateur qui a des réactions différentes de celles des bourgeois.o Focalisation interne : Foule qui fait peur :
 notations auditives qui signalent la violence : « le roulement de tonnerre » l.4 ; « ouragan des gestes et des cris » l.8 ; « hurlaient si fort » l.14 ; « mugissement confus » l.18
 notations visuelles : d’abord un enfant (« Jeanlin » l.4) ; ensuite des femmes (« les femmes avaient paru » l.9/10  le plus-que-parfait donne un effet de...
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