Leibniz, la douleur - explication de texte

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  • Publié le : 28 avril 2011
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« L’accomplissement des désirs de l'homme miroite devant nous ; mais, dès qu'ils sont atteints, ils ne sont plus les mêmes ; on les oublie. » Schopenhauer, Le monde comme volonté et représentation. Le désir a longtemps été considéré comme une mauvaise chose, blessant l’homme et le laissant éternellement insatisfait. Faut-il néanmoins considérer seulement cet aspect du désir en se concentrantuniquement sur cette finalité ?
Dans le texte auquel nous avons affaire, extrait des Nouveaux Essais sur l’entendement humain, Leibniz aborde le thème du désir et de sa perception en formulant une thèse allant à l’encontre de la pensée de la philosophie classique. Le désir est-il un obstacle ou, au contraire, un moyen pour arriver au plaisir, au bonheur ? Le désir a souvent été considéré par laphilosophie classique comme un problème. Le désir, en effet, est la recherche d’un objet que l’on imagine ou que l’on sait être source de satisfaction (La philosophie de A à Z, Hatier). En ce sens, le désir est accompagné d’une souffrance et d’un sentiment de manque. Quand bien même il est assouvi, le désir disparaît et renaît pour un objet différent ; le désir se déplace d’objet en objet, le désirest illimité. Ainsi serait-il logique de penser que nous sommes condamnés à vivre dans l’insatisfaction et que le désir est donc un obstacle au plaisir et au bonheur.
Or, la philosophie contemporaine redonne toute sa place au désir et lui accorde une valeur positive. En montrant que la quête vers le plaisir est en réalité une victoire sur nos demi-douleurs, Leibniz montre que le désir n’est pas unedouleur en soi mais une affirmation de l’homme sur ses désirs. Ainsi, il défend la thèse selon laquelle les « demi-douleurs », autrement dit les perceptions de douleurs pas assez fortes pour être perçues par notre conscience, sont essentielles au plaisir.
Dans un premier temps (du début du texte jusqu’à la ligne 9), Leibniz affirme que la douleur est ressentie en fonction du degré de perceptionde celle-ci. Ensuite (lignes 9 à 17), Leibniz utilise sa théorie sur les petites perceptions pour illustrer le fait que nous n’avons pas conscience de toutes nos perceptions ; ceci étant essentiel pour pouvoir agir par instinct. Enfin (lignes 17 à 30), Leibniz expose la thèse selon laquelle les demi-douleurs sont essentielles à l’accomplissement de l’homme et du plaisir.

Dès les premièreslignes du texte, Leibniz va à l’encontre de la thèse selon laquelle le fait de désirer est souffrance : « j’aimerais mieux dire que dans le désir en lui-même il y a plutôt une […] préparation à la douleur que de la douleur elle-même » (l. 1-2). Selon lui, le désir est en fait une préparation à la souffrance. En effet, quand on désire, on se prépare à souffrir dans le sens où l’on recherche un objetqu’on imagine ou que l’on sait source de satisfaction. Leibniz relativise cependant ce qu’il affirme : « il est vrai que cette perception quelquefois ne diffère de celle qu’il y a dans la douleur » (l. 3). Parfois, la perception du désir est la même que la perception de la douleur ; cela dépend selon lui du degré de la perception. Pour Leibniz il y a un certain seuil à dépasser pour que nos perceptionsparviennent à notre conscience. Pour étayer ceci, Leibniz utilise trois exemples. Il distingue par exemple l’appétit de la faim grâce à sa doctrine sur les petites perceptions. Pour Leibniz, les petites perceptions sont des perceptions insensibles ou inconscientes qui composent la perception conscience d’un objet. (Nouveaux Essais, 21). Selon lui, l’appétit est composé de perceptions trop petitespour être perçues comme une douleur : c’est le désir de manger. Au contraire, la faim est une forme de douleur car « l’irritation de l’estomac devient trop forte » (l. 6). Ceci confirme bien que le degré de perception influe sur l’effet de celle-ci, si les perceptions d’appétit étaient trop fortes, cela nous causerait de la souffrance.

Dans la deuxième partie du texte, Leibniz affirme que...
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