Les Animaux malades de la peste, Commentaire

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  • Publié le : 4 juin 2014
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 Jean de La Fontaine est un poète, moraliste, dramaturge et romancier de la période classique, XVIIè siècle. Auteur apprécié et admiré de son temps, il est de nos jours surtout connu pour ses nombreuses fables, chefs-d'oeuvre de la littérature française, où il propose une vision du monde désabusée, sage, enjouée et mélancolique. Ses fables sont rassemblées en trois recueils, nommés Fables,parus entre 1668 et 1694, qui mettent en scène pour la plupart des animaux, comme le Corbeau et le Renard, La Cigale et la Fourmis et Les Animaux malades de la Peste. Dans cette dernière, La Fontaine expose des problèmes politiques, judiciaires et sociaux. C'est pour cela qu'on se demandera dans un premier temps comment l'auteur réussit à mettre en scène cette fable, puis on prêtera attention auxcritiques émises par le fabuliste.

Les Animaux malades de la Peste est une fable, où la mise en scène est primordiale et pourrait faire référence à un conseil des Dieux. Cette impression se fait par un prologue magistral et effrayant, puis par un schéma tragique et enfin par une variété des registres, de la métrique et des types.
Tout d'abord, la présentation des évènements se faitdans un prologue, où les références au divin se font omniprésentes « le ciel », « l'Achéron », qui rappelle au lecteur l'impitoyable jugement céleste. Ainsi une ambiance troublante s'installe, où tous faits et gestes sont observés et jugés. La Fontaine fait aussi références dans ce passage à la mythologie, qui permet d'intensifier le magistral de la scène et de souligner à nouveau le divin etl'effroi, puisque l'Achéron et le fleuve menant aux Enfers, et donc ici métaphore de la Mort. Le trouble s'installe aussi par la répugnance du narrateur à prononcer le nom du fléau comme si dire le mot Peste pouvait infliger les pires tortures. S'en suit une description des ravages que le mal a causé à l'aide d'un lexique menaçant et l'apparition du registre pathétique : « Ils ne mouraient pas tous,mais tous étaient frappés », qui éveillent la peur et la pitié des lecteurs.
Ensuite, tout le long de la fable le schéma tragique se fait plus présent, ainsi l'enchaînement inéluctable des évènements et la forte présence de l'idée de la destinée rappelle des tragédies mythologique comme celle d'Oedipe, qui s'est rendu involontairement coupable de parricide et d'inceste. Ici, l'âne estl'innocente victime écrasée par des forces qui le dépasse, faisant à nouveau référence au divin. L'âne arrive naïf dans l'histoire, sans se douter du terrible destin qui va être le sien, mais rien ne sert de lutter car les Grands finiront toujours par avoir ce qu'ils attendent. Le symbolisme des animaux permet de souligner, cette idée que l'âne ne peut s'en sortir. Chaque animal cité contre la futurevictime est, dans le monde réel, un prédateur : le lion, le renard, le loup, le tigre et l'ours. Dans la fable, ils ne forment qu'un puissant être contre l'âne sans soutien.
Enfin, La Fontaine fait preuve dans Les animaux malades de la peste, d'une très grande variété de styles. Les différents types de discours s'enchaîne dans une harmonie permettant la fluidité du récit, on retrouve ainsi lediscours direct, indirect et indirect libre, prononcés tantôt par le lion, puis l'âne et le renard et enfin par le loup. S'ajoute à ces différents discours une variété de registre, qui passe par le tragique, le pathétique et l'ironique. On peut citer respectivement les vers suivants : « Un loup,... on le lui fit bien voir. » (v.55-61), « Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés » et« Du tigre, ni de l'ours,...,étaient de petits saints » (v.44-47). Enfin la fable est constituée de telle sorte que le schéma des rimes n'est pas fixe, elles sont tantôt suivies, embrassées et parfois croisées. De plus, on alterne entre octosyllabes et alexandrins. Toutes ses variations au niveau métrique apporte un rythme soutenu, qui donne une impression de rebondissement incessant.
Ainsi,...