Les mots, la mort, les sorts: la sorcelerie dans le bocage

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  • Publié le : 30 avril 2011
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Anthropologie

ANALYSE DU TEXTE « LES MOTS, LA MORT, LES SORTS : LA SORCELLERIE DANS LE BOCAGE » DE JEANNE FAVRET-SAADA, PUBLIÉ EN 1977

Jeanne Favret-Saada nous explique tout d’abord que dans le langage commun, il est normal de trouver dans les histoires de sorcellerie un rapport imaginaire entre ses protagonistes. Il est commun de penser que nous avons d’un côté le paysan touché par unsort, paysan qui est alors crédule, arriéré, naïf, et imperméable à la causalité. Et de l’autre, il y a le sorcier ou le desorceleur, qui n’est pas naïf et qui est un charlatan. Il est aussi tenu pour acquis que la résistance de telles croyances, de tels rituels de sorcellerie, tient au fait de l’isolement géographique et culturel du « pays » (région, canton) , et donc ainsi, ces pays sont reportés àun autre âge. Dans l’imaginaire collectif, ce monde où se pratique encore la tradition des croyances en la sorcellerie est associé au monde féodal, qu’on oppose à notre monde moderne, avec des gens instruits. C’est tout ce qu’apportent comme informations les journalistes et les savants arrêtés sur le folklore. C’est pourtant encore aujourd’hui, un sujet qui intéresse, et dont on ne sait au finalpas grand-chose, nous dit l’auteur. Ainsi, Jeanne Favret-Saada est allé étudier ces pratiques contemporaines de sorcellerie, et a passé 30 mois dans le bocage mayennais. Pour elle, la sorcellerie n’est pas dérisoire, et mérite qu’on essaie de comprendre son mécanisme, sur le plan social. Les paysans, ne sont pas des « hommes des bois », ni encore des « bêtes », ils ne sont ni crédules, ni arriéré.Les folkloristes pensent qu’eux seuls sont dans le vrai, que sa théorie est la bonne car elle est moderne et rationnelle, et ainsi, pour eux, les paysans et leurs théories relèvent du monde féodal, des pensées arriérées. Jeanne Favret-Saada étudie pour commence r les représentations du malheur biologique, dans la vie courante. Il y a alors deux types de malheurs. Le premier est un « malheurordinaire », le paysan l’explique rationnellement, c’est un fait normal, naturel. Mais le second est un malheur qui se répète sur une même personne, ou un même foyer avec ses habitants. Le paysan pense alors qu’il ne peut être victime que d’un sort, que son foyer a été ensorcelé, car il n’arrive pas à expliquer rationnellement sa malchance. Dans ce cas, le paysan va alors demander à d’autres personnes,des gens de savoir, de lui expliquer son malheur, mais aussi et surtout, de le traiter. Parfois, les explications qu’on lui donne ne suffisent pas au paysan pour expliquer ce qu’il lui arrive, car pour lui, on lui donne le moyen de traiter la cause du malheur, mais pas son origine. Et pour lui, inconsciemment ou pas, c’est un (ou plusieurs) sorcier qui provoque toutes ces mauvaises choses.

Dèslors, le paysan va s’adresser à un prêtre, pour qui ce malheur à un sens. Mais même pour ce prêtre, les raisons du malheur restent floues et difficiles à traiter. Il choix d’expliquer les malheurs par 3 raisons. Premièrement, il peut renvoyer la cause sur le naturel, et dire au paysan que ce peut être d’ordre médical, hasardeux. Deuxièmement, il peut pencher pour l’idée du surnaturel, mais qu’ils’agit de « bonne souffrance », que c’est Dieu qui teste le paysan, qu’il est le préféré de Dieu, en quelque sorte, un martyr. Enfin, troisièmement, il peut mettre les malheurs sur le dos du surnaturel, mais cette fois-ci, comme étant l’œuvre de diableries. Il faudrait alors faire intervenir un exorciste, supérieur hiérarchique du prêtre, mais ce dernier ne le fait pas, ou très rarement : Il saitque son supérieur ne se déplacera pas pour le cas d’un paysan, n’y croyant pas, car pour lui « il faut être malin pour intéresser le Malin ». Autrement dit, le paysan arriéré ne peut être possédé par le Diable. Au final, le prêtre finira très certainement par choisir le premier cas, conseillant la rationalité, et assurera qu’il priera en faveur du paysan. Mais dans un autre cas, le prêtre...
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