Texte de hobbes, leviathan

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 5 (1043 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 9 octobre 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
Expliquer le texte suivant :

L’ignorance des causes et de la constitution originaire du droit, de l’équité, de la loi et de la justice conduit les gens à faire de la coutume et de l’exemple la règle de leurs actions, de telle sorte qu’ils pensent qu’une chose est injuste quand elle est punie par la coutume, et qu’une chose est juste quand ils peuvent montrer par l’exemple qu’elle n’est paspunissable et qu’on l’approuve. [...] Ils sont pareils aux petits enfants qui n’ont d’autre règle des bonnes et des mauvaises manières que la correction infligée par leurs parents et par leurs maîtres, à ceci près que les enfants se tiennent constamment à leur règle, ce que ne font pas les adultes parce que, devenus forts et obstinés, ils en appellent de la coutume à la raison, et de la raison à lacoutume, comme cela les sert, s’éloignant de la coutume quand leur intérêt le requiert et combattant la raison aussi souvent qu’elle va contre eux. C’est pourquoi la doctrine du juste et de l’injuste est débattue en permanence, à la fois par la plume et par l’épée. Ce qui n’est pas le cas de la doctrine des lignes et des figures parce que la vérité en ce domaine n’intéresse pas les gens, attenduqu’elle ne s’oppose ni à leur ambition, ni à leur profit, ni à leur lubricité. En effet, en ce qui concerne la doctrine selon laquelle les trois angles d’un triangle sont égaux à deux angles d’un carré, si elle avait été contraire au droit de dominer de quelqu’un, ou à l’intérêt de ceux qui dominent, je ne doute pas qu’elle eût été, sinon débattue, en tout cas éliminée en brûlant tous les livres degéométrie, si cela eût été possible à celui qui y aurait eu intérêt.

HOBBES, Léviathan

Le corrigé

Les thèmes : le droit, la justice, l’Etat, la raison

Ce texte invitait à comparer deux types de jugement : les jugements concernant le juste et l’injuste et les jugements concernant le vrai et le faux dans les sciences pures (mathématiques, géométrie). L’auteur soutient que les premiers sontsujets à dispute alors que les seconds ne le sont pas. La raison évoquée par Hobbes sur cette opposition : c’est l’intérêt qui est en jeu sur les questions portant sur le juste et l’injuste, mais absent des questions mathématiques, géométriques.
La solidité, la vérité des théories mathématiques viendrait en partie d’un désintérêt pour ce type de question. Thèse originale car en général onsoutient que les vérités formelles tiennent leur validité du fait qu’elles répondent au critère de cohérence, aux règles universelles de l’esprit, et cela « sans tenir compte de ce qui peut se passer dans l’univers », comme le dit Hume, et non du fait que l’absence d’enjeu passionnel ou économique les tient à l’abri d’une critique ou d’une contestation.
Thèse qui permet aussi à Hobbes de justifier quec’est seulement par le droit et la contrainte que l’on pourra accorder les hommes, instaurer l’ordre qui est le but du droit pour Hobbes, et fonder le droit.
Plan :
I. Le texte commence (lignes 1 à 5) par une réduction du juste et de l’injuste, selon Hobbes, à la coutume chez les pères :

•par ignorance des causes et de la nature du juste
•par réduction du juste à la coutume :
1.ce qui est(le fait) et est approuvé (l’idée du nombre, de l’accord commun)
2.ce qui fait autorité (d’où comparaison avec l’enfant soumis à l’éducation des parents et maîtres)
Donc l’étalon du juste est extérieur et est le triomphe du fait (alors que le juste associé au droit est censé venir corriger, juger le fait).
On pourrait évidemment ici mettre en parallèle avec Pascal, qui souligne aussi larelativité de la coutume en contradiction avec l’idée de l’universalité associée à la valeur, justice et le triomphe injustifié de l’établi qui détourne d’un examen.
Mais si la coutume est relative, elle est identique pour ceux qui la reconnaissent, d’où accord sur le juste et l’injuste possible, même si pour Hobbes, cet accord est sans fondement aucun et n’a aucune autorité.

II. Mais (lignes...
tracking img