Les mouvi femi

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  • Publié le : 5 mai 2011
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Chapitre 1 : Aux origines du féminisme américain 1. Le bon vieux temps : Comme dans les colonies les hommes étaient trois fois plus nombreux qu’elles, l’immigration des femmes fut encouragée par le biais d’annonces publicitaires. En 1619, arrivent à Virginie un navire chargé de femmes et dans la même colonie arrivent les premiers esclaves noirs venus d’Afrique. Les femmes étaient recherchées àdes fins de procréation et pour l’influence civilisatrice qu’elles exerçaient sur les hommes seuls. Tant que les colonies restèrent relativement sous-développées, les femmes jouirent d’une certaine indépendance. Aux travaux des champs, s’ajoutait la possibilité d’exercer une activité à l’extérieur. En vertu de l’éthique puritaine, travailler était pour elles un devoir civique et religieux. Les plusdouées purent ainsi développer de véritables compétences professionnelles, tant de domaines d’où elles allaient être ultérieurement exclues. Les femmes de l’époque coloniale donnèrent d’elles-mêmes une image vers laquelle les femmes des générations futures allaient se tourner avec respect et nostalgie. Mais seuls les hommes pouvaient trouver dans les horizons qui s’ouvraient à eux une compensationà leurs efforts, là où les femmes ne connaissaient que l’épuisement d’un vie de labeur incessant. En outre, même requises par le Nouveau Monde, et incitées à entreprendre la traversée, les femmes sont restées très longtemps les oubliées de l’histoire américaine. Les femmes qui ne se mariaient pas inspiraient de la pitié, et celles qui se mariaient perdaient tous leurs droits. La position socialedes femmes dépendait de celle de leur mari ou de leur père. Les activités exercées à l’extérieur du foyer ne visaient qu’à l’amélioration de l’ordinaire, ou à la poursuite de l’œuvre du mari en cas de veuvage. La latitude relative laissée aux femmes des colonies, l’était par nécessité, et non en vertu d’une idéologie visant à leur épanouissement. L’innéisme, ensemble de théories non contestéesjusqu’au lendemain de la Révolution Américaine, consistait à affirmer que la femme était par nature inférieure de corps, d’esprit, de tempérament, et donc vouée à une soumission justifiée. Selon l’argument « médiéval », qui persista jusqu’en 1850, les maladies de la femme résultaient d’une agitation prolongée du système nerveux, engendrée notamment par l’excitation politique ou les plaisirsillicites. Il lui fallait donc éviter les activités stressantes en dehors du foyer, et les études prolongées étaient proscrites en vertu d’un principe selon lequel le volume de son cerveau était inversement proportionnel à celui de son utérus. L’argument biblique rappelait que la femme était née de l’homme et pour l’homme. La femme devait se soumettre, elle était un cadeau de Dieu à l’homme sans qui et endehors de qui elle n’aurait aucun sens. Pour qu’elle puisse accomplir sa mission maternelle, la femme était dotée de vertus comme la modestie, la douceur, la compassion, ce qui ne l’empêchait pas d’être dans le même temps créature de péché, tentatrice, responsable de la chute d’Adam. Les Dissidents qui avaient rompu avec l’Eglise d’Angleterre s’accordèrent néanmoins avec elle pour dénoncer leslimites de l’esprit et du corps des femmes, signes d’une juste punition divine. Les différents groupes religieux (à l’exception des Quakers) interdirent aux femmes de prêcher et même de prendre la parole. L’argument « scientifique » était tout aussi contraignant. On accepta jusqu’au lendemain de la révolution, la théorie de la Grande Chaîne des Etres développée au même moment en Europe. Selon cettethéorie, la forme humaine la plus accomplie était l’homme caucasien et au bas de l’échelle, on trouvait le Nègre, puis le Hottentot. La femme, elle, occupait une place intermédiaire entre l’homme et le singe. Dans ce bric-à-brac de religion et de pseudo-science, on rouvrit même parfois le débat sur la question de savoir si la femme avait une âme. La théorie de la Grande Chaîne des Etres allait...
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