Loakira

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  • Publié le : 14 avril 2011
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Introduction

I/ La Mort de la mère dans A corps Perdu

II / L’alternance Vie/ Mort dans l’Inavouable

Conclusion

Dans l’œuvre de Mohamed Loakira, l’écrivain nous présente une « contre société » où sévissent toutes les perversités et les corruptions de l’âme humaine. Dans ce cirque maussade, le vrai animateur semble être la mort qui s’érige en vrai personnageagissant directement sur les protagonistes et hantant les cœurs et les lieux. De son côté, la vie essaie de planter l’espoir là où le trépas jette le malheur et le deuil.

La dichotomie mort/vie, comme dans tout itinéraire humain, est une violente guerre perpétuelle où la grande faucheuse étrangle toute velléité de bonheur. Nous verrons les aspects et manifestations de cette présencesépulcrale qu’un brin de vie et d’espérance tente de vaincre.

I/ La Mort de la mère dans A Corps Perdu

Mamoun marque un extrême attachement à l'égard de la mort de sa mère. L’expression de cette idée de la mort est anticipée dès le début du roman et ce lors de la visite inopinée de son cousin Bouchaeb.

« Je suis là, Hélas, pour t’annoncer une triste nouvelle. Ta mère estmourante » P.10.

Cette nouvelle vient rompre la solitude et l’exil de Mamoun, qui a pour prétexte «  le deuil », pour retourner au Pays.

Lorsque l'on est avant l'enterrement de sa mère, c'est comme si elle n'était pas morte pour lui, Mamoun semble ne pas en prendre conscience un moment. Ce n’est qu’en approchant du lieu du deuil qu’il se rend compte du drame.

le deuil de la mère et cequ’il déclenche comme souvenir chez lui, à travers le flash-back, le lecteur a une idée de l’univers enfantin et féerique et du rôle que jouait lalla chama dans le parcours de Mamoun.

« Immortelle, la mère est la sève que nulle fleur n’a su reproduire »P.13.

Ce qui frappe ensuite, c'est qu’il fait de l'enterrement une simple formalité, Le deuil se fera par l'aspect extérieur, c'est-à-direpar son habillement, par le rituel d’inhumation, les litanies et les pleurs qui suivent.

Comme dans La célèbre phrase de Camus « Dans notre société tout homme qui ne pleure pas à l'enterrement de sa mère risque d'être condamné à mort ». 

« Il ramasse ses os et se dirigea vers la porte, revint sur ses pas, s’affala sur le lit, se releva, voûté et fébrile, courut s’isoler dans lestoilettes et pleurait, interpellant avec hystérie la mère. »P.13.

Le personnage perd le sens de la vue : ce qui montre qu’il perd la perception de l'espace. Mamoun est étranger dans sa ville natale, « le cimetière familial est quelque part. Il n’arrive plus à le situer. »P.8.

La description du cimetière est à valeur péjorative, puisqu’il est dépeint comme gluant et surchargée d’Urine. Cettedescription se fait graduellement, car du lointain le lieu a l’aspect d’une « pierre », « portail », « une cache ». P.10.

La mort acquiert une mobilité, grâce aux écarts stylistiques, tantôt elle est personnifiée « Elle étale ses ailes. Ses ailes noires », le parallélisme permet de mieux souligner l’effet double de la mort, elle rôde autour des êtres et les emportent. L’adjectif « vorace» vientaccentuer le fait que la mort ne choisit pas et qu’elle est d’un caractère insatiable.

Les sensations de Mamoun l'emportent sur ses sentiments, est plus sensible à ce que produit le deuil sur ses sens qu'à l'émotion de la perte de sa mère. La seule compassion pour Mamoun est ses souvenirs D’antan et son entourage.

Dans une telle atmosphère, les petites choses du quotidien et lesinsignifiants objets de la vie prennent une autre dimension, acquièrent de l’ampleur : «Ici, la vraie vie se dégage des voix, des mouvements, des pauses […]. [Mamoun] prend contact avec le superflu, l’inopiné, le réel, les promesses. Mieux, y trouve une raison de s’accrocher à la vie, laquelle lance ses tentacules, sangle, vêt, dépouille. Elle l’entoure, le distrait, l’angoisse, et, d’un désir flagrant,...
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