Lydia

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  • Publié le : 15 décembre 2011
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DM Philosophie : Le développement peut – il être n facteur de l’esclavage ?

2. Réponse spontanée et réponse paradoxale justifiées

Par définition, le progrès technique libère. Cette libération est même son motif, son but, et son moteur. On ne voit pas comment il peut être facteur d’esclavage.

La réponse paradoxale consiste à montrer que cette libération s’effectue par le biais d’unepuissance technologique accrue ; l’habitude de cette puissance pourrait nous empêcher d’imaginer ce qui se passerait si nous devions nous en passer.

3. Argumentation de la thèse et de l'antithèse

3.1. Thèse : la technologie nous libère

Le plus souvent, les copies ont assez bien argumenté cette partie. Je passe donc sans m’y appesantir : il était en effet assez simple de montrer que latechnique a permis de supprimer les tâches les plus ingrates et les plus dures, les réservant aux machines, pendant que d’autres outils nous permettent aujourd’hui des prouesses qu’on n’aurait même pas imaginées voici seulement cent cinquante ans (personne n’a cité l’avion, et je le regrette, tant cette invention avait été jugée « impossible »). Plusieurs copies ont mentionné le lave-linge et Internet.Soit ; mais d’autres exemples pouvaient aussi venir à l’esprit, plus parlants peut-être, et moins banals. Ainsi l’assolement triennal, le tournevis, le moulin à eau, la boussole, le joug à bestiaux, le métier à tisser, l’imprimerie, le marteau-piqueur, la grue, le tout-à-l’égout… (Je déplore quand même que cinq copies n’aient mentionné aucun exemple de technique.)

Deux copies seulement se sontavisées d’une remarque ô combien juste : ce sont justement les sociétés industrialisées qui ont aboli la traite des êtres humains, et qui l’ont incriminée de manière sévère. Cette idée leur a valu un bonus.

Je tiens encore, ici, à signaler la meilleure copie qui a su préparer l’antithèse dès la première partie du devoir, en situant le problème au niveau pertinent. En effet, ce candidat a signalétout de suite que, non contente d’amoindrir nos fatigues, la technique nous libère l’esprit. Aussi par la réflexion gagnons-nous en sens critique et en culture générale, donc en faculté de choix, En posant en préalable à la pleine liberté l’existence d’une pensée elle-même nuancée, informée et libre, ce candidat s’assurait tout de suite une antithèse solide.

Un point d’érudition philosophique.Il n’existe rien de tel que des « références obligatoires » ; mais Descartes (Discours de la méthode, VI) et son idée de devenir par la technique « comme maîtres et possesseurs de la nature » pouvait ici fournir un coup de pouce appréciable ; de même Bacon et son utopie scientiste (La Nouvelle Atlantide) qui imagine les OGM dès le XVIIè siècle. Ni l’un ni l’autre n’ont été mentionnés, à mon grandregret. 

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3.2. Antithèse : la dépendance à la technique

La fallacieuse impression de puissance que donne le progrès technique comporte un risque « d’acclimatation » à l’existence de ce progrès. S’ensuit alors un étrange phénomène que Rousseau (cité par une seule copie, hélas !), en son temps, avait déjà signalé : les commodités dégénèrenten « vrais besoins, si bien qu’on [est] malheureux de les perdre sans être heureux de les posséder. » (Discours sur les fondements de l’inégalité parmi les hommes, voir ce cours). 

Bien des copies ont mentionné ce risque, mais sans jamais élucider les problèmes suivants, tout de même très gênants. 

- Comment un « nouveau besoin » peut-il apparaître ? Au point de vue physiologique, nousn’avons pas évolué depuis l’époque de Rousseau, ni même depuis l’époque de Lascaux. La ration calorique quotidienne n’a guère varié depuis le Moyen-Age (autour de 2900 kcal), nous respirons toujours à peu près une quinzaine de fois par minutes et notre cœur bat à peu près à 80 pulsations par minute. Dès lors, la notion de « besoins secondaires » chère aux économistes et aux sociologues a-t-elle le...
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