Madame bovary

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  • Publié le : 1 mars 2010
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Madame Bovary

MADAME BOVARY. Mœurs de province. Roman de Gustave Flaubert (1821-1880), publié à Paris en feuilleton dans la Revue de Paris du 1er octobre au 15 décembre 1856, et en volume chez Michel Lévy en 1857.

Après diverses œuvres de jeunesse — jugées comme telles par Flaubert qui n’envisagea jamais de les publier — et la Tentation de saint Antoine (première version) — texte encoreinsatisfaisant et qui fera l’objet de deux autres rédactions —, Flaubert, de 1849 à 1851, voyage en Orient. Dès son retour, il se consacre à Madame Bovary qu’il rédige entre septembre 1851 et avril 1856. Désormais, il a trouvé son écriture propre et il désire livrer son œuvre au public. Or, le 29 janvier 1857, il doit comparaître devant la justice: le réquisitoire de l’avocat impérial prétenddémontrer le caractère scandaleux du roman, tant du point de vue moral que du point de vue religieux; selon Me Pinard, la «couleur générale de l’auteur [...], c’est la couleur lascive». Flaubert est finalement acquitté mais, atterré et dégoûté par cette affaire, il songe à interdire la publication de son ouvrage. Pressé par son éditeur, il accepte tout de même que Madame Bovary paraisse. Mal accueilli,dans l’ensemble, par la critique, le roman, grâce à la publicité du procès, remporte néanmoins un grand succès de vente.

Synopsis

Première partie. Charles Bovary, après de médiocres études, s’est établi comme médecin à Tostes, un village de Normandie, où il a épousé une veuve «laide» et «sèche» (chap. 1). Il rencontre, lors d’une consultation, Emma Rouault, la fille du fermier des Berteaux et,peu de temps après la mort soudaine de sa femme, il épouse la jeune fille (2-4). Emma, au contraire de son mari, n’est pas heureuse: cette union ne correspond pas à ses rêves d’adolescente romanesque (5-7). Après un bal au château de La Vaubyessard, fugitif mirage de luxe et de bonheur (8), elle sombre dans une morosité accrue et Charles décide d’aller l’installer à Yonville-l’Abbaye: il espèreque la vie dans un gros bourg distraira sa femme, alors enceinte (9).

Deuxième partie. À Yonville, le couple fait la connaissance du pharmacien Homais et d’un jeune clerc, Léon Dupuis (chap. 1-2). Une tendre complicité s’installe entre Emma et le jeune homme (3-5), mais ce dernier, ne se croyant pas aimé, part terminer son droit à Paris (6). Emma rencontre ensuite Rodolphe Boulanger, cynique etaristocratique séducteur, dont elle devient la maîtresse (7-9). Effrayé par l’ardeur de l’amour qu’il inspire, Rodolphe abandonne brutalement Emma qui pensait fuir avec lui (10-13). Plus tard, lors d’une soirée à Rouen, Charles et sa femme retrouvent par hasard Léon (14-15).

Troisième partie. Ce dernier est bientôt l’amant d’Emma, qui invente divers prétextes pour le retrouver à Rouen(chap. 1-5). Sommée par Lheureux, son créancier, de rembourser les multiples dettes qu’elle a contractées, Emma s’empoisonne à l’arsenic (6-7). Charles, désespéré et ruiné, meurt, après avoir trouvé dans les papiers de sa femme les preuves de son infidélité (8-11).

Critique

Le titre du roman contient déjà toute la portée tragique de l’œuvre: en effet, le destin d’Emma est de ne pouvoir échapper à unnom, c’est-à-dire à son mariage et à sa condition sociale. D’emblée, elle est prisonnière, vouée à occuper une place déterminée dans une structure préexistante. Ainsi, alors que le lecteur attend le personnage féminin éponyme, le roman le met tout d’abord en présence d’un «pauvre garçon» (I, 1) ridiculisé par ses camarades de collège, qui tournent en dérision le «nom inintelligible» (ibid.) qu’il abredouillé: «Charbovari» est le premier avatar du nom. La scène inaugurale du roman opère donc un double décalage par rapport au titre: Bovary est d’abord une identité masculine, et celle-ci, appropriée et déformée par les autres, se constitue avec peine. La tragédie d’Emma sera d’endosser à son tour ce nom ridicule, porté par un «pauvre diable» (ibid.). En effet, de même que le premier...
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