Montesquieu

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  • Publié le : 20 juin 2011
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DEVELOPPEMENT

I° PARTIE : Montesquieu dénonce en premier lieu les conceptions xénophobes de ceux qui refusent aux noirs la qualité d'êtres humains.

1° § Il montre d'abord le ridicule des préjugés occidentaux concernant les aspects physiques des "nègres".
1° IA : la couleur de la peau et la forme du nez : "noirs depuis les pieds jusqu'à la tête", comme s'il pouvait enêtre autrement ! On leur reproche d'être "noirs" par excès ! Puérilité de l'adverbe dans l'expression "nez si écrasé" (argument ad personam)
2° IA : l'âme : dérision et absurdité du rapprochement entre l'aspect extérieur et la spiritualité, la nature profonde de l'homme ; préjugé raciste : la "laideur" extérieure préjuge de celle de leur âme.
3° IA : Il accumule d'ailleurs les périphrasesdépréciatives par lesquelles les Européens désignent les noirs dont ils font des outils : "ceux de l'Afrique" (s.e. : "peuples", terme qui implique de l'humanité), "ceux dont il s'agit" , "ces gens-là", "s'en servir", toutes expressions qui les déshumanisent.

2° § Montesquieu souligne en outre la relativité des moeurs.
1° IA : Relativité de la valeur des objets selon les cultures : verre et or ; cf lareprise de l'expression "une si grande conséquence" comme à propos des Égyptiens : l'attitude des Européens vis-à-vis de l'or est donc aussi peu rationnelle ...
2° IA : Relativité du symbolisme des couleurs : noir et blanc n'ont pas la même signification pour les Blancs et pour les Noirs ... Cf la Lettre persane 59 (1721): "je ne suis pas surpris que les Nègres peignent le diable d'une blancheuréblouissante et leurs dieux noirs comme du charbon".
Le préjugé de la couleur était vivace au XVIII° siècle, la pigmentation des Nègres est une énigme : cela figure en 1741 comme sujet de concours à l'Académie de Bordeaux dont Montesquieu est membre. Comment s'apitoyer sur des êtres si différents de nous ? Comment peut-on être si ... noir ?
Les récits de voyage avaient d'ailleurs fortement contribuéau XVIII° siècle à la notion de relativité.

3° § Mais c'est surtout l'absurdité de l'attitude xénophobe qui est mise en évidence. L'observation de la progression thématique montre que tout le raisonnement s'autodétruit.
1° IA La progression est d'abord linéaire dans les cinq premiers alinéas. L'auteur examine le "droit" de "rendre les nègres " (thème) "esclaves" (propos) ; cette mise enesclavage (thème) a permis de "défricher" l'Amérique (propos) ; ces "terres" (thème) produisent du "sucre" (propos) à un prix rentable puisque produit par des "esclaves" (propos) ; ces "esclaves" (thème) "sont noirs" (propos) ; cette couleur de peau (thème) explique l'attitude des Européens.
2° IA La progression se poursuit à thème constant dans les alinéas 6 à 9 comme pour souligner cette obsessionde la "couleur de la peau" ("sont noirs, un corps tout noir, la couleur, les noirs, la couleur de la peau, les nègres, ces gens-là") : "La couleur de la peau" "constitue l'essence de l'humanité" et "on peut juger de la couleur de la peau par celle des cheveux" ; la "couleur de la peau" constituerait donc un critère d'humanité aussi important que la "couleur des cheveux" ; or, ce critère de lacouleur des cheveux, qui permet de "tuer" les "hommes roux", est inacceptable pour un esprit européen du XVIII° siècle ; l'apparence extérieure qui est d'une "si grande conséquence" chez les uns n'a pas du tout la même "conséquence " chez les autres ; le critère de la couleur de la peau pour "juger" de l'humanité d'un individu doit donc être remis en cause : la couleur de la peau n'a pas plus de"conséquence" que la couleur des cheveux pour "juger" si on a affaire ou non à un "homme" ; et ce n'est pas la couleur de la peau qui "constitue l'essence de l'humanité" quoi qu'en pensent les "peuples d'Asie" !
Remarque : Montesquieu a pris ce détail dans Diodore de Sicile, Bibliothèque historique, I,88 : Typhon, principe du mal, avait tué son frère Osiris ; Isis, la femme-sœur d'Osiris avait...
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