Paul claudel

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  • Publié le : 12 novembre 2011
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Immeuble du boulevard de Port-Royal où vécut la famille Claudel de 1886 à 1892Paul Claudel est le fils de Louis-Prosper Claudel, un haut-fonctionnaire de province, et de Louise Athénaïse Cerveaux. Il est frère cadet de Louise Claudel et de la sculptrice Camille Claudel, grandit à Villeneuve-sur-Fère. En 1882, il arrive, avec sa mère et ses sœurs, à Paris, au 135bis, boulevard du Montparnasse de1882 à 1886 puis au 31, boulevard de Port-Royal de 1886 à 1892[1]. Il fait ses études au lycée Louis-Le-Grand où il obtient son baccalauréat de philosophie en 1885 et s'inscrit à l'École libre des sciences politiques pour y préparer une licence de droit[2].

Paul Claudel, selon ses dires, baignait, comme tous les jeunes gens de son âge, dans « le bagne matérialiste du scientisme de l'époque ». Ilse convertit au catholicisme, religion de son enfance, en assistant en curieux aux vêpres à Notre-Dame de Paris le 25 décembre 1886, jour de Noël. « J'étais debout, près du deuxième pilier, à droite, du côté de la sacristie. Les enfants de la maîtrise étaient en train de chanter ce que je sus plus tard être le Magnificat. En un instant mon cœur fut touché et je crus »[3].

À la même époque,Paul Claudel découvre les Illuminations, un recueil de poèmes d'Arthur Rimbaud dont la lecture sera pour lui déterminante. L'influence de celui qu'il appelait le « mystique à l'état sauvage » est manifeste, par exemple, dans Tête d'or, une de ses premières pièces de théâtre.

Diplomate en 1893, il est successivement consul de France à Prague, Francfort, Hambourg, en Chine à Shanghai, Fou-Tcheou(Fuzhou) et Tsien-Tsin (Tianjin), puis ministre plénipotentiaire à Rio de Janeiro, à Copenhague, ambassadeur de France à Tōkyō de 1921 à 1927, à Washington, puis à Bruxelles, où se termine sa carrière diplomatique en 1936.


Claudel en 1927Il s'installe alors définitivement dans le château de Brangues en Isère, qu'il avait acquis en 1927 pour y passer ses étés. Le travail littéraire, menéjusqu'alors parallèlement à sa carrière diplomatique, occupe désormais la plus grande part de son existence. Il reçoit à Brangues diverses notoriétés : des hommes politiques comme le président Edouard Herriot, ou des écrivains comme François Mauriac.

En 1938, Claudel entre au conseil d'administration de la Société des Moteurs Gnome et Rhône[4], grâce à la bienveillance de son directeur, Paul-LouisWeiller, mécène et protecteur de nombreux artistes (Jean Cocteau, Paul Valéry, André Malraux)[5]. Ce poste, richement doté, lui vaudra de nombreuses critiques : à la fois par le statut social et le montant des émoluments qu'il en retire[6] mais aussi par le fait qu'au cours de la Seconde Guerre mondiale, cette entreprise de mécanique participera à l'effort de guerre allemand pendant l'Occupation[7].Aussi, à partir de 1940, Paul-Louis Weiller, juif, sera écarté de la direction.

Attristé par les débuts de la guerre, et notamment l'invasion de la Pologne, au cours d'un mois de septembre 1939 qu'il juge par ailleurs « merveilleux », Claudel est initialement peu convaincu par le danger que représente l'Allemagne nazie. Il s'inquiète davantage de la puissante Russie qui représente selon lui une« infâme canaille communiste »[8]

En 1940, il est ulcéré par la défaite de la France[9], mais voit d'abord une délivrance dans les pleins pouvoirs conférés par les députés à Pétain. Dressant dans son Journal un « état de la France au 6 juillet 1940 », il met au passif la sujétion de la France à l'Allemagne, la brouille avec l'Angleterre « en qui seule est notre espérance éventuelle » et laprésence au gouvernement de Pierre Laval, qui n'inspire pas confiance. À l'actif, il met l'épuisement de l'Allemagne et de l'Italie, le gain de forces de l'Angleterre et un changement idéologique qu'il décrit comme suit : « La France est délivrée après soixante ans de joug du parti radical et anticatholique (professeurs, avocats, juifs, francs-maçons). Le nouveau gouvernement invoque Dieu et rend...
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