Portrait dans memoire de guerre

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  • Publié le : 31 mai 2011
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Le portrait est un texte donnant des renseignements sur l'être d'un personnage, réel ou fictif. Il peut prendre la forme de la prosopographie, de l'éthopée, du dialogue, du monologue, du récit d'actions, de la description d'un habitat ou d'un décor, etc. Il semble entrer dans divers genres sans appartenir à aucun en particulier ni se constituer de figures inévitables. Il apparaît aussi bien dansle genre judiciaire que dans le genre épidictique, dans le discours de l'historien que dans celui du dramaturge et du romancier, dans les textes argumentatifs que littéraires. Il pose des problèmes de localisation. Qu'est-ce qui, dans l'Éducation sentimentale, constitue le portrait de Frédéric Moreau? Le personnage est construit par toutes les phrases prononcées sur lui et par lui. L'on pourraitalors définir le portrait comme un lieu du texte ou comme un texte caractérisé par une densité telle de renseignements que le lecteur peut se faire une idée complète d'un personnage.

Dans le Salut du général de Gaulle, publié en 1959, une figure des relations internationales d'antan est très présente, celle de Winston Churchill. le général dresse un portrait de ce fin négociateur. Aussi, quelportrait peint-il de Churchill ? C'est avant tout un portrait plein d'éloges et d'emphase. Surtout, il n'hésite pas à comparer sa propre personne avec celle de Churchill dans un long portrait parallèle.
I] Un panégyrique
Malgré leurs différences, le général de Gaulle voit en Churchill un « grand politique », un « exceptionnel artiste ». Le Premier ministre britannique assuma en effet l'œuvre «gigantesque » de réunir face aux forces de l'Axe toutes les énergies de la Grande-Bretagne. Selon de Gaulle, Churchill est le « symbole de la patrie en danger ». D'ailleurs, sa défaite lors des législatives de 1945 l'élève : en effet, les temps d'après-guerre n'étaient pas dignes de sa gloire : ses qualités étaient « Inadéquates au temps de la médiocrité ». Cet éloge est sans doute un remerciement dugénéral envers celui qui, en juin 1940, l'accueillit et le soutint.
Ce portrait est aussi fait d'une métaphore filée faisant de Churchill un « capitaine » naviguant sur « la mer démontée de l'Histoire » à la tête de la « nef » anglaise. Ainsi de Gaulle montre-t-il le courage de Churchill, son abnégation, sa détermination. Surtout il fait du chef du gouvernement anglais un héros ayant tenu safonction avec fermeté et splendeur. Cependant que Churchill quitte la vie politique internationale, il entre dans l'Histoire.

II] Un portrait parallèle
De Gaulle en plus de dresser un portrait simple de Churchill, il se compare à lui. Il met alors en lumière les points communs ou de désaccords. S'il est un point commun, c'est celui de la conviction dans la barbarie nazie et dans la nécessité deprotéger son pays. Seulement, les différences sont considérables. Alors que Churchill a en ses mains la puissance du politique, les moyens du financier, les forces du militaire, de Gaulle n'a quant à lui aucune légitimité et peu de forces – « quelques débris » selon lui. Cette faiblesse à la fois politique et matérielle du général de Gaulle contraste fortement avec la grandeur de Churchill.Seulement, c'est en cela qu'ils se ressemblent : ils ont en commun la grandeur ; le premier par son énergie déterminante ; le second par son combat dans l'ombre au service de la France.
Ce portrait en parallèle est aussi prémonitoire, avant-coureur notamment du départ du général de Gaulle. Ces deux hommes ont « pendant plus de cinq années navigué côte à côte », leur destin est en quelque sorte lié.C'est ainsi que le départ de Churchill sur une défaite électorale suppose le prochain départ de de Gaulle. Dans la mesure où ils ont été providentiels « quand se déchainait la tempête », leur statut ne correspond pas avec le surgissement de la concorde. Seulement, encore une distinction est à apporter entre le premier ministre anglais et de Gaulle : si le premier s'est vu remercié par sa défaite...
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