Pourquoi le mal fait-il probleme ?

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  • Publié le : 8 janvier 2010
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POURQUOI LE MAL FAIT-IL PROBLEME ?

La mal fait d'abord problème... parce qu'il fait mal. Le mal se présente d'abord à l'esprit comme maladie, souffrance, blessure dont on cherche à se protéger. Le problème est donc ici de savoir quel est le "fonctionnement" du mal et comment lutter contre lui. Mais ce qui fait souffir ou blesse, c'est notamment l'action d'autrui sur nous et pas seulement lesaléas de la nature, et le terme en question désigne alors une qualification morale de la vo¬lonté et de l'action humaine. La mal s'oppose au bien, il est ce qu'on ne doit pas faire et qui mérite sanction le cas échéant. Le problème est alors de défi¬nir ce qui est bien et ce qui est mal, de fonder l'obligation de faire le bien.
Peut-on réunir sous le même terme ce qui relève de l'analyse du faitet de la compréhension du monde d'une part, et ce qui relève de l'analyse morale et de la responsabilité d'autre part ? Les fondre sous un même terme, c'est sans doute prendre le risque de réduire le droit au fait et éliminer par là le problème en élimi¬nant la morale. Mais on ne peut pour autant privilégier la dimen¬sion morale au point d'exclure cette don¬née incontournable de l'existencehumaine que le monde lui est hostile, souvent sinon fondamentalement, et que la recherche de responsabilité morale est bien vaine ici.
Il y a bien une expérience humaine du mal, elle est indé¬niable, mais en même temps on peut se demander si tenter de la penser conceptuellement ne revient pas inévitablement à la ré¬duire. Le mal ferait problème parcequ'il serait impensable au sens propre.

1. PASD'EXISTENCE POSITIVE DU MAL

A. Le mal, une donnée première de l'existence.
Ce n'est pas son existence qui fait problème : elle est évi¬dente.
Il y a le mal naturel : non pas du mal en soi, mais ce qui fait mal à l'homme, aux hommes : le mal est ici opposé au bon ; et le mal moral des autres et de nous-même, fruit d'une vo¬lonté perverse : le mal est ici opposé au bien.

B. Problème d'appeler"mal" le premier des deux.
Est-il mal en soi ? non, il l'est par rapport à nous, à notre sen¬sibilité, nos projets, nos fantasmes (d'éternité par ex).
Ce mal désigne en fait l'adversité du monde, ce à quoi l'homme se résoud "mal".
Le problème est qu'on ne veut pas le reconnaître : on prête au monde une mauvaise volonté, alors qu'il n'en a aucune, et qu'il est pure mécanique. C'est que la notionde mal renvoie à une vo¬lonté.

C. Le mal moral.
Pas de problème non plus : il existe ! et il se définit d'emblée comme ce qu'il faut éviter : on se situe ici sur un registre mo¬ral, celui du devoir, de la légitimité qu'il faut donc établir.
Parler du mal, c'est parler du méchant, de responsabilité mo¬rale, de sanction.
Peut-on alors définir le mal moral ? Il faut définir les va¬leurs. Celaimpliquerait de les fonder en vérité, c'est-à-dire objective¬ment. Pour Platon, le vrai c'est le bien et le bien,c'est le vrai. La morale devient alors fonction de la connaissance (cf le Gorgias et le "nul n'est méchant volontai¬rement"). Non pas que l'homme soit pur intellect : la vertu demande une conversion, de la vo¬lonté. Mais le sage est à la fois savant et vertueux. Le bien c'est l'ordrenaturel et le mal c'est le désordre : cf. La Répu¬blique : la cité n'est pas bonne ou mauvaise, elle est ce qu'elle doit être ou elle n'est pas.
Avec Platon, on ne se situe pas dans une opposition de l'être et du devoir être, mais dans une problématique ontologique : le mal est désordre, principe de destruction. Il n'est pas le fruit d'une volonté perverse ou immorale, mais il est au prin¬cipe dunon-être.

Plus haut : nous avions conclu que le mal est le fruit de la vo¬lonté humaine. Ici, le mal n'est plus le fruit de la volonté hu¬maine, mais devient le problème de l'insertion de la vo¬lonté, ignorante ou savante, dans le bon ordre, le cosmos.

2. IL FAUT PENSER LA LIBERTE ET UNE VOLONTE CAPABLE DE VOULOIR LE MAL POUR LE MAL.

A. Suivons Platon jusqu'au bout.
On ne peut accepter...
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