Question et commentaire caractere la bruyere

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  • Publié le : 24 mai 2011
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Question :
Les trois textes du corpus visent à dénoncer des situations inacceptables : l’égoïsme de Gnathon, le face-à-face entre un misérable voleur et une riche duchesse ainsi que la folie meurtrière d’un pauvre affamé. Ces trois textes appartiennent au registre polémique.
Ils cherchent à provoquer l’indignation du lecteur. Ils jouent donc sur les sentiments de répulsion du lecteur etrelèvent de la persuasion plus que de la conviction.
Ils fonctionnent tous trois aussi sur le model d’une fable, c’est à dire sous forme d’un récit ou d’une description suivie d’une leçon. Seul le récit d’Hugo propose une leçon explicite ; le portrait de La Bruyère et le poème de Prévert se contentent d’une morale implicite.
C’est surtout par leur recours à des genres différents que ces textescherchent à persuader le lecteur. La Bruyère dans Les Caractères « De l’homme » a recourt au genre du portrait, avec beaucoup de description d’incivilités de Gnathon. Il fait œuvre de moraliste et cherche à corriger l’égoïsme et la goinfrerie en les ridiculisant. Hugo dans Choses vues utilise le récit, comme s’il écrivait dans un journal intime. Prévert dans « La Grasse Matinée » extrait des Paroles sesert d’un poème, très proche d’une fable, dont la chute et l’ellipse qui la précède ont valeur de morale implicite.

Commentaire :
Jean De La Bruyère est un moraliste français du XVII siècle. Il est surtout connut pour avoir écrit Les Caractères. Cet ouvrage écrit en 1688 est un recueil de maximes et de portraits, ayant pour sujet les mœurs de son époque. L’extrait étudié est le portrait « Del’homme ». Dans celui-ci, La Bruyère décrit la manière de manger et le caractère d’un homme nommé Gnathon. Comment La Bruyère arrive via ce portrait à délivrer une morale ? Nous étudierons dans un premier temps la caricature de l’égoïsme, puis dans un second nous nous intéresserons à la caricature de la goinfrerie, et dans un troisième temps nous verrons comment La Bruyère délivre une moraleimplicite par le biais du portrait.

Dans ce texte, La Bruyère délivre une satire de l’égoïsme, qui se définit par une recherche de satisfaction des intérêts personnels. Pour se faire, l’auteur montre que l’égocentrisme de Gnathon est très important. Cette importance de l’égo est mise en valeur par les pronoms souvent répétés « Il » ainsi que les expressions telles que « que pour soi » l.1 « lui seul »l.2 « pour lui » l.3
L’individualisme de Gnathon est également mis en avant par La Bruyère. En effet, l’auteur montre l’absence de partage de ce personnage : « Non content de remplir à une table la première place, il occupe lui seul celle de deux autres » l.2/3, « maitre du plat » l.4, « que les places du fond qui lui conviennent » l.14. On remarque également que Gnathon cherche a tirer profitde toute situation : « il les prévient » l.16, « Il sait toujours se conserver dans la meilleure chambre le meilleur lit » l.16/17, « Il tourne tout à son avantage » l.17, « tout ce qu’il trouve sous sa main lui est propre » l.18.
Gnathon est également un misanthrope sans aucune compassion pour les autres. Ce trait de caractère est particulièrement mis en valeur entre les lignes 19 et 22 et estparticulièrement souligner par les négations restrictives « ne connait de maux que les siens » « n’appréhende que la sienne ». Son absence de compassion est mise en valeur par l’hyperbole finale : « qu’il rachèterait volontiers de l’extinction du genre humain »
Jean de la Bruyère dresse dans ce texte le portrait d’un homme ne pensant qu’à lui et ne vivant que pour son plaisir. Ce trait decaractère est illustré avec une description de la manière dont Gnathon mange.

Gnathon est en effet la caricature d’un goinfre. En effet, un goinfre est quelqu’un qui mange avec excès et salement. C’est exactement ainsi que La Bruyère nous décrit Gnathon : « mal propreté dégoutantes, capables d’ôter l’appétit aux plus affamés » l.8, « mangent ses restes » l.7, « on le suit à la trace » l.10, «...
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