Ram le belier

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  • Publié le : 9 mai 2010
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RAM LE BELIER

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Quatre ou cinq mille ans avant notre ère, d'épaisses forêts recouvraient encore l'antique Scythie qui s'étendait de l'océan Atlantique aux mers polaires. Les Noirs avaient appelé ce continent qu'ils avaient vu naître île par île : « la terre émergée des flots ». Comme elle contrastait avec leur sol blanc, brûlé du soleil, cette Europe aux côtes vertes, aux baies humideset profondes avec ses fleuves rêveurs, ses lacs sombres et ses brumes éternellement accrochées aux flancs de ses montagnes ! Dans les plaines herbeuses sans culture, vastes comme des pampas , on n'entendait guère que le cri des fauves le mugissement des buffles et le galop indompté des grands troupeaux de chevaux sauvages passant crinière au vent. L'homme blanc qui habitait ces forêts n'étaitplus l'homme des cavernes. Déjà il pouvait se dire maître de sa terre. Il avait inventé les couteaux et les haches de silex, l'arc et la flèche, la fronde et le lacet. Enfin, il avait trouvé deux compagnons de lutte, deux amis excellents, incomparables et dévoués jusqu'à la mort : le chien et le cheval. Le chien domestique devenu le gardien fidèle de sa maison de bois lui avait donné la sécurité dufoyer. En domptant le cheval, il avait conquis la terre, soumis les autres animaux ; il était devenu le roi de l'espace. Montés sur des chevaux fauves, ces hommes roux tourbillonnaient comme de fauves éclairs. Ils frappaient l'ours, le loup, l'aurochs, terrifiaient la panthère et le lion qui, alors , habitaient nos forêts.
La civilisation avait commencé: la famille rudimentaire, le clan, lapeuplade existaient. Partout, les Scyhtes, fils des Hyperboréens, élevaient à leurs aïeux de monstrueux menhirs.
Lorsqu'un chef mourait, on enterrait avec lui ses armes et son cheval, afin, disait-on ; que le guerrier pût chevaucher les nuées et chasser le dragon de feu dans l'autre monde. De là, la coutume du sacrifice du cheval qui joue un si grand rôle dans les védas et ches les scandinaves. Lareligion commençait ainsi par le culte des ancêtres.
Les sémites trouvèrent le Dieu unique, l'esprit universel dans le désert, au sommet des montagnes, dans l'immensité des espaces stellaires. Les Scythes et les celtes trouvèrent les Dieux, les esprits multiples, au fond de leurs bois. Là, ils entendirent des voix, là ils eurent les premiers frissons de l'Invisible, les visions de l'Au-Delà. C'estpourquoi la forêt ravissante ou terrible est restée chère à la race blanche. Attirée par la musique des feuilles et la magie lunaire, elle y revient toujours dans le cours des âges comme à sa fontaine de Jouvence, au temps de la grande mère Hertha. Là dorment ses dieux, ses amours, ses mystères perdus.

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Dès les temps les plus reculés, les femmes visionnaires prophétisaient sous lesarbres. Chaque peuplade avait a grande prophétesse, comme la Voluspa des scandinaves, avec son collège de druidesses. Mais ces femmes, d'abord noblement inspirées, étaient devenues ambitieuses et cruelles. Les bonnes prophétesses se changèrent en mauvaises magiciennes. Elles instituèrent les sacrifices humains et le sang des hérolls coulait sans discontinuer sur les dolmens, aux chants sinistres desprêtres, aux acclamations des Scythes féroces.
Parmi ces prêtres, se trouvait un jeune homme à la fleur de l'âge du nom de Ram qui se destinait lui aussi au sacerdoce, mais dont l'âme recueillie et l'esprit profond se révoltaient contre ce culte sanguinaire.
Le jeune druide était doux et grave. Il avait montré de bonne heure une aptitude singulière dans la connaissance des plantes, de leurs vertusmerveilleuses, de leurs sucs distillés et préparés, non moins que dans l'étude des astres et de leurs influences. Il semblait deviner, voir les choses lointaines. De là, son autorité précoce sur les plus vieux druides. Une grandeur bienveillante émanait de ses paroles, de son être. Sa sagesse contrastait avec la folie des druidesses, ces clameuses de malédictions qui proféraient leurs oracles...
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