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  • Publié le : 7 avril 2011
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Présentations des chapitres 4,5 et 6 :

Ce n’est donc pas dans la Nature (chap. 2 et 3) que l’on peut chercher le fondement légitime du droit dont dépend l’ordre social. Par élimination des solutions naturalistes, il reste désormais à envisager l’hypothèse « contractualiste » d’une convention entre les hommes : d’un artifice par opposition à la nature (car le contrat social est bien unartifice).
Or ROUSSEAU n’est pas le premier à avoir pensé à l’idée d’un pacte social (ou contrat), qui serait la source et le fondement du politique. Le philosophe politique du XVIIè (en particulier Hobbes) pense déjà que l’homme n’est pas naturellement politique ( contrairement à la pensée antique illustrée par ARISTOTE pour qui l’homme était un animal politique naturellement). Le « contrat »permet à ces auteurs de penser le passage de « l’état de nature » (terme désignant un état éminemment dangereux et conflictuel, car antérieur à la société et à ses garanties juridiques et policières) à « l’état de société ». Seule la crainte de mourir pousserait alors chacun à se destituer de ses droits naturels ( limités à notre seule puissance et menacés par celle des autres) pour s’en remettre àla volonté d’un souverain (par exemple un monarque) qui veillerait sur la sécurité de tous. Pour la pensée moderne, L’Etat naît donc de l’artifice humain et non de la nature. Mais ROUSSEAU se démarque de la pensée contractuelle en ce que le seul souverain légitime sera à ses yeux le peuple lui même (et donc ni un roi, ni une puissance extérieure religieuse ou militaire).

Ainsi, ROUSSEAUdistingue soigneusement 2 types de contrat :

1) Le contrat de soumission, où un peuple s’en remet à un souverain en renonçant ainsi à ses droits naturels (tel le contrat chez Hobbes). Or, ce type de contrat est injuste et illégitime selon ROUSSEAU car en renonçant à ses droits naturels, l’homme aliène ( c’est à dire « renonce») principalement sa liberté naturelle (son indépendance naturelle) enéchange d’une bien maigre consolation : la sécurité. Autant dire qu’un peuple préfèrerait la prison (où l’on vit parfois en sécurité) à la liberté... ROUSSEAU vise en particulier la thèse de GROTIUS, juriste hollandais du 17ème siècle et défenseur de la monarchie absolue tirant du droit de la guerre, un prétendu droit de soumission des peuples. ROUSSEAU réfute cette thèse au chap. 4 où il se livre àune analyse pertinente du concept de guerre. Son argument est simple : l’homme est libre par nature. Renoncer à sa liberté serait renoncer à sa qualité d’homme. Ainsi, échanger sa liberté contre la sécurité, c’est échanger tout contre rien ou presque. Le contrat est alors illégitime car inéquitable (voilà pour répondre à Hobbes). Quant au droit de sou­mission des vaincus, il repose sur l’imposturedu prétendu droit de vie ou de mort qu’auraient les vainqueurs sur les populations vaincues. Le droit de la guerre doit être déduit rationnellement de son concept. Il ne saurait donc autoriser que ce qui est conforme à sa fin : à savoir la destruction de l’Etat ennemi. Si la guerre donne à un Etat (et à son armée) le droit de détruire un autre Etat (et donc les soldats en arme qui le défendent),la guerre ne donne nullement le droit de détruire les particuliers (ainsi que leurs biens) vivant dans l’Etat vaincu (encore une fois, Rousseau se place au niveau du droit et non des faits…). Il n’y a donc pas un droit (du vainqueur) d’échanger la liberté contre la vie (des populations vaincues) sans retomber dans la stricte loi du plus fort.. .ce qui nous ramène au chap. 3. La monarchie absoluene peut par conséquent être fondée en droit : ni sur une puissance naturelle venue de dieu (contre Bossuet chap.3), ni sur un contrat de soumission tiré du droit du vainqueur (contre Grotius chap.4).

2) Le contrat d’association qui fait qu’un peuple est un peuple... Pour qu’un peuple se soumette à un maître, encore faudrait-il qu’il soit un peuple. Or, le peuple n’est pas une simple foule...
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