Rubens, la peinture et l'art au service de la diplomatie.

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  • Publié le : 4 mai 2011
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III- La peinture et l'art au service de la diplomatie.

1- Un diplomate et un collectionneur.

Rubens a mis à profit les nombreuses années passées loin d'Anvers pour acquérir des œuvres d’art, non seulement dans un but artistique, mais aussi dans un but politique.

Dés sa formation en Italie, il consacre une partie de son budget à l'achat et à la création de dessins et études qui luiserviront tout au long de sa vie. Malgré sa reconnaissance envers les grands maîtres de la Renaissance, Rubens est cependant bien plus attiré par l'Antiquité et son legs mythologique. Rubens est de par sa culture très vaste, et ses correspondances avec diverses grandes personnalités littéraires de l'époque - comme avec le savant qui deviendra son ami, Peiresc- considéré comme un peintre lettréet érudit; il connaît le latin, le grec, et adhère à la philosophie stoïcienne. Celui-ci tenait Rubens en haute estime et admirait son érudition, comme le montre cette citation, extraite d'une de ses correspondances:
« surtout en ce qui concerne l’Antiquité, il possède les connaissances les plus universelles et les plus éminentes que j’ai jamais rencontrées. »
 
Peu après son installation àAnvers, il envoya notamment acheter en Italie quantité de médaillons, statues, bustes en marbre, et pierres précieuses. Le bon goût artistique de cette collection était connu par les plus grands et riches collectionneurs. C’est grâce à un de ces émissaires-pourvoyeurs qu’il entre en contact, en 1616, avec l’ambassadeur d’Angleterre à La Haye, Dudley Carleton. Amateur d’art et admirateur de Rubens,celui-ci possède une grande collection d’antiques qu’il cède à l’artiste en échange de douze de ses tableaux, comme le montre cet extrait de correspondance et Sir Carleton:

Rubens à Sir Dudley Carleton , Anvers, 17 mars 1618.  »
Ayant entendu vanter par plusieurs personnes la rareté des antiquités collectionnées par Votre Excellence, j'ai le plus vif désir de les voir... Votre Excellence aexprimé à M. Gage son désir d'échanger quelques marbres contre des peintures de ma main. J'aime beaucoup les antiquités et je suis prêt à accepter toute offre raisonnable ».
Rubens à Sir Dudley Carleton , Anvers, 28 avril 1618.  » Votre Excellence peut être assurée que je fixerai le prix de mes tableaux comme si je les vendais contre argent comptant. J'ai pour le moment chez moi un choix de mesmeilleures toiles ; en particulier, quelques-unes que j'avais  gardées pour mon propre plaisir, et d'autres que j'ai rachetées plus cher que je ne les avais vendues ».
Sir Dudley Carleton à Rubens, La Haye, 7 mai 1618.
« J'ai reçu avant-hier votre lettre qui m'a fait grand plaisir... au sujet de mes marbres ; j'ai examiné aussitôt la liste de vos peintures que vous y avez jointe et j'ai fait monchoix... Je serais très heureux si vous vouliez bien prendre la peine de venir ici avant de terminer l'échange, afin que vous n'achetiez pas, comme on dit, chat en poche ; mais si vos affaires ne le permettent pas... vous pouvez compter trouver dans ma collection de marbres, les statues les plus précieuses in hoc génère, que ni prince ni particulier ne peut posséder de ce côté des montagnes. Mais pourun homme comme moi, que sa situation oblige à se déplacer constamment, une collection si lourde est assez embarrassante... Les goûts changent parfois; depuis quelque temps je préfère les tableaux aux statues, surtout lorsque les peintures sont de M.Rubens>>.
Cette première transaction, plus qu'un échange courtois, est le premier pas de Rubens dans la politique des Royaume-Unis. Gardant contactavec Sir Carleton, celui-ci sera pour lui un appui solide lors de la mission de Rubens en Angleterre, en 1629-1630.
Rubens poursuit sa lancée. En 1819, il réceptionne vingt-neuf statues, quatre torses, cinquante-sept têtes, des piédestaux, des urnes, des bas-reliefs, en tout plus de quatre-vingt-dix pièces, qu’il installe dans un véritable petit musée, sa maison sur le Wapper.

Une fois de...
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