Serait t'il souhaitable que l'humanite par d'une seul langue?

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  • Publié le : 22 novembre 2010
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Avantage immédiat d'une langue unique : elle facilite la communication universelle. On doit donc se demander si la langue n'est rien d'autre qu'un outil de communication.

Première piste de recherche : l’aspect pratique du langage

D’un point de vue strictement communicationnel, le langage constitue un système arbitraire de signes destinés à la compréhension mutuelle entre interlocuteurs. Unsigne constitue un lien entre un signifiant (le mot « vache » par exemple) et un signifié (l’idée de la vache) : voir le texte de Ferdinand de Saussure dans le cours sur le langage.

Ceci posé, et revenant à l’ambition d’un langage pratique, nous pouvons énumérer ses vertus : il doit en effet être clair et cohérent, de sorte qu’aucune ambiguïté ne perturbe la bonne compréhension du message.Plus exactement, un tel langage doit présenter des relations biunivoques avec les choses. L’idéal serait qu’à chaque chose corresponde un mot et un seul, qu’à chaque mot corresponde une chose et une seule.

Les langages existants ne remplissent pas ces conditions. Certaines choses ont plusieurs noms ("chevaux" et "dadas" par exemple) ; certaines choses n’ont pas de noms (les virus au XVème siècle); certains noms désignent plusieurs choses ("rose" désigne à la fois le chair, le parme, le saumon, le cramoisi…) ; certains noms ne désignent rien (les "humeurs peccantes"). D’un point de vue strictement pratique, donc, les langues existantes (y compris l'anglais) restent insuffisantes ; passer d’une langue à l’autre, sous ce rapport, n’induirait aucun avantage précis. Cependant, un langageefficace selon les critères donnés ci-dessus constituerait un progrès majeur dans toutes les sciences. Il formerait un outil de travail indispensable en médecine, en physique ou encore en génétique (seules cinq copies s’avisèrent de cette dimension du problème).

Nous nous trouvons donc devant cette difficulté : le langage universel est souhaitable à condition qu’il présente ces qualitésparticulières énumérées précédemment, or aucun langage actuel ne présente ces qualités. Si, donc, l’on se propose d’obtenir les avantages d’un langage universel, il va falloir le constituer de toutes pièces.

Bien des philosophes ont rêvé une telle réforme du langage, par exemple Platon, Leibniz, Russell ou encore Wittgenstein (cf. proposition 4.003). Notons tout de suite qu’un tel espoir n’a riend’irréaliste. Définissons par exemple la syllabe comme toute combinaison de consonnes et de voyelles de la forme CCVC, en admettant le son silencieux (noté 0). "Brut" s’écrit ici brut, "art" s’écrit 00ar, et "Paris" (deux syllabes) s’écrit 0par-00i0. Il existe dix-neuf sons-consonnes en français, et autant de sons-voyelles. Si l’on exclut par principe les syllabes imprononçables faute de voyelle (donc enrejetant la possibilité du signe 0 en position V), on obtient 20 x 20 x 19 x 20 = 152.000 possibilités d’une seule syllabe (trois fois plus d’entrées que le Petit Robert). Deux syllabes génèrent vingt-trois milliards de combinaisons, soit largement plus que tous les mots de toutes les langues existantes au monde (cinq mille langues dans le monde, que multiplient deux cent mille mots par langue,donnent un milliard de mots au total). On notera aussi que la combinatoire permet d’associer les syllabes les unes aux autres, à l’infini. Un tel langage serait donc potentiellement capable de tout exprimer. De plus, dans la mesure où il serait parfaitement clair, un tel langage exclurait toute équivoque, et les faux problèmes s’y dissoudraient sans peine.

De surcroît, un tel langage, en réduisantles risques de malentendu, en favorisant les échanges humains, pourrait garantir, presque à lui seul, la concorde universelle (la notion de concorde, proche de celle d’entente, me semble préférable à celle de "paix"). Tel était d’ailleurs l’objectif de l’espéranto, langue inventée en 1887 par le docteur Zamenhof à partir des structures grammaticales indo-européennes. D’une très grande...
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