Symbolisme

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  • Publié le : 7 juin 2010
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symbolisme

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Peu d'étiquettes ont été aussi difficilement acceptées que celles de « symbolisme » et d'« école symboliste » par ceux-là mêmes qui en semblent les meilleurs illustrateurs. Verlaine ne s'écriait-il pas : «Symbolisme ? Connais pas ! Ce doit être un mot allemand ! ». Défini généralement comme un mouvement de réaction contre le positivisme et le rationalisme triomphants de la deuxième moitié du XIXe siècle, allant à l'opposé des visées du naturalisme dont il est contemporain, le symbolisme entend rompre avec les servitudes du réalisme et redonner droit aux valeurs du rêve et de l'imagination, de lasubjectivité et de l'intériorité, prêtant à l'art le pouvoir d'ouvrir les portes de l'invisible ; en cela, le symbolisme prolonge les aspirations du romantisme, renouant particulièrement avec la tradition du romantisme allemand, avec certains modes de pensée ésotériques, avec les philosophies idéalistes. Ramené à de telles visées, le symbolisme devient une notion très extensive, et la tentation estgrande (pas qu'ont franchi grand nombre de ses tenants) de l'ériger en catégorie esthétique trans-historique ; mais c'est perdre de vue le sens d'une aventure intellectuelle et artistique bien spécifique : école littéraire ? mouvance artistique ? courant esthétique européen ? sensibilité fin-de-siècle ? Le symbolisme fut tout cela à la fois, construisant une histoire complexe qui en fait l'un desphénomènes artistiques les plus remarquables de la fin du XIXe siècle. Difficile à définir, le symbolisme n'est pas un, mais pluriel ; il se déploie dans le temps et dans l'espace, depuis les années 1880 où il s'invente en France et en Belgique, jusqu'au tournant du siècle et au-delà, où il s'impose dans toute l'Europe, comme ferment esthétique de bien des renouveaux, mais aussi comme réservoir dethèmes et de motifs qui imprègnent le goût et l'imaginaire d'une époque qui s'achève autour de la Première Guerre mondiale.
Le symbolisme franco-belge
Naissance du symbolisme
Sur la plan strict de l'histoire littéraire, le symbolisme naît officiellement le 18 septembre 1886, lorsque le poète Jean Moréas publie dans le supplément littéraire du Figaro un article en forme de manifeste définissant lesexigences d'une poésie nouvelle et raffinée, donnant accès « à l'Idée » par le symbole et la suggestion ; dans ce texte d'une portée théorique limitée, Moréas, comme bien d'autres poètes de sa génération, se montrait disciple des conceptions poétiques exigentes de Stéphane Mallarmé, alors considéré comme un maître par toute une génération de jeunes poètes. En 1886, le texte de Moréas présentaitainsi l'intérêt de cristalliser des préoccupations communes, tout comme le Symboliste, revue éphémère qu'il fonde la même année avec Paul Adam et Gustave Kahn. Mais cet épisode ne prend tout son sens que si on le replace dans l'atmosphère d'effervescence qui suit la guerre de 1870, époque de pessimisme historique après la défaite et les massacres de la Commune, et sentiment d'étouffement dans leclimat d'ordre moral qui caractérise les débuts de la Troisième République. Une sensibilité littéraire et artistique nouvelle, faite de révolte, d'élitisme artistique, de goût de la provocation trouve à s'exprimer diversement dans des clubs cultivant l'esprit « fumiste » (Hydropathes, Hirsutes, Zutistes, Je-m'en-foutistes), des cénacles, des cabarets (Le Chat Noir) et des revues (Lutèce, la...
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