Taxe sur les transaction financiere

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 7 (1572 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 23 avril 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
La Taxe sur les Transactions Financières est souvent connue sous le nom de « Taxe Tobin », du nom de son « inventeur », économiste de renom et prix Nobel d’économie en 1981. L’idée, suggérée initialement en 1972, prévoie d’instaurer un prélèvement fiscal faible sur les transactions monétaires internationales (qu’il s’agisse d’actions, d’obligations ou de produits dérivés) dans le but de limiterla spéculation à court terme, tandis que son produit serait reversé en faveur de l’aide au développement. Elle a donc assez logiquement été reprise à leur compte par un certain nombre de mouvements de gauche, et en particulier par la gauche altermondialiste - le groupe Attac a même inscrit l’objectif de la taxe directement dans son nom.

Mais si elle est devenue l’étendard des consonancesaltermondialistes, la taxe idée d’un économiste prônant le libre-échange n’en est pas pour autant l’apanage exclusif de la gauche. D’une part car plusieurs économistes et hommes politiques réputés de gauche, comme Dominique Strauss-Kahn, ont exprimé de sérieux doutes quant à la faisabilité de la taxe étant donné la volatilité des marchés financiers. Et d’autre part car l’idée de la taxe a, à l’opposé,été reprise par plusieurs figures de droite, notamment depuis le crash financier de 2008. Ceci n’est d’ailleurs pas si surprenant tant les justifications de la taxe (taxer faiblement les transactions financières pour réduire la pauvreté) peuvent sembler universelles et donc susceptibles de trouver un écho dans une large part du spectre politique.

L’un des derniers ralliés en date n’est autre queNicolas Sarkozy qui, en plus de la présidence de la République française, occupe en 2011 la présidence du G20. La mise en place de « financements innovants » pour le développement, et notamment de la TTF, est justement l’une des 6 priorités de la présidence française du G20.

Les chances de voir la présidence française obtenir des avancées concrètes sur la TTF au sein du G20 semblent réellementinfimes au vu du caractère très polarisant de la taxe. En réalité, l’affaire est plus ou moins entendue depuis le G20 de Toronto, en juin 2010, durant lequel les dirigeants des grandes économies de la planète avaient décidé, malgré les efforts de plusieurs Etats européens, qu’il n’y aurait pas de taxe globale sur les banques et institutions financières. La TTF est certes une question en soidifférente, mais les Etats-Unis y sont historiquement opposés, et ont récemment déclarés qu’ils le resteraient. Il en va également de la sorte pour le Canada, la Suisse, l’Australie, la Russie, l’Inde et même le Mexique, qui occupera la prochaine présidence du G20 et devrait donc mettre peu d’entrain à reprendre à son compte d’éventuels progrès réalisés durant la présidence française.
La poursuite d’une «taxe Tobin mondiale » au sein du G20 semble donc plutôt mal engagée. Mais qu’en est-il au niveau européen ?

Là non plus, la situation n’est pas simple. Car l’une des conditions essentielles qui autorisait le relatif optimisme de Mme Lagarde, le soutien de l’Allemagne, s’est envolée en fumée depuis le volte-face du ministre des finances Wolfgang Schäuble, qui déclarait le 24 février que « ceprojet ne verrait pas le jour dans un avenir proche ». Le scepticisme est aussi de mise chez d’autres Etats membres, dont notamment la Suède... l’un des seuls Etats à avoir expérimenté une taxe similaire dans le passé (en 1987)... avant de constater une forte évasion fiscale vers le Royaume-Uni. Selon le ministre des finances suédois, une TTF européenne pourrait donc « être nuisible aux recettesfiscales ».

Reste les institutions européennes... qui ne sont pas non plus d’accord entre elles. Le Parlement européen, dans un rapport d’initiative de mars 2010, avait prié la Commission et le Conseil de penser les contours d’une telle taxe pour financer le développement. Le rapport fut adopté massivement, à 529 voix contre 127, ce qui permettait à Thomas Coutrot, le co-président d’Attac,...
tracking img