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  • Publié le : 8 mars 2010
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[Dans cette comédie, Figaro, le valet du comte Almaviva, est amoureux de Suzanne, une femme de chambre. Il a contracté des dettes auprès de Marceline, une femme de charge s’occupant de la vaisselleet du linge. Au terme d’un procès, il est contraint de l’épouser. Mais Figaro découvre l’identité de ses vrais parents : Marceline est, en fait, sa mère séduite puis abandonnée par Bartholo, un médecinde la ville. Elle se fait, ici, le porte-parole des femmes trahies par les hommes.]

BARTHOLO, montrant Marceline. — Voilà ta mère.
FIGARO. — … nourrice ?
BARTHOLO. — Ta propre mère.
LE COMTE.— Sa mère !
FIGARO. — Expliquez-vous.
MARCELINE, montrant Bartholo. – Voilà ton père.
FIGARO, désolé — Oooh ! aïe de moi !
MARCELINE. — Est-ce que la nature ne te l’a pas dit mille fois ?FIGARO. — Jamais.
LE COMTE, à part.— Sa mère !
BRID’OISON1. — C’est clair, i-il ne l’épousera pas.
BARTHOLO. — Ni moi non plus.
MARCELINE. — Ni vous ! Et votre fils ? Vous m’aviez juré…
BARTHOLO. —J’étais fou. Si pareils souvenirs engageaient, on serait tenu d’épouser tout le monde.
BRID’OISON. — E-et si l’on y regardait de plus près, personne n’épouserait personne.
BARTHOLO. — Des fautessi connues ! une jeunesse déplorable.
MARCELINE, s’échauffant par degrés. — Oui, déplorable, et plus qu’on ne croit ! Je n’entends pas nier mes fautes ; ce jour les a trop bien prouvées ! mais qu’ilest dur de les expier2 après trente ans d’une vie modeste ! J’étais née, moi, pour être sage et je la suis devenue sitôt qu’on m’a permis d’user de ma raison. Mais dans l’âge des illusions, del’inexpérience et des besoins, où les séducteurs nous assiègent pendant que la misère nous poignarde, que peut opposer une enfant à tant d’ennemis rassemblés ? Tel nous juge ici sévèrement, qui, peut-être, ensa vie a perdu dix infortunées3 !
FIGARO. — Les plus coupables sont les moins généreux; c’est la règle.
MARCELINE, vivement. — Hommes plus qu’ingrats, qui flétrissez4 par le mépris les jouets...
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