Totem et tabou

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  • Publié le : 27 avril 2010
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L’ouvrage de Freud, Totem et Tabou (1913), traite, sous la forme de quatre essais successifs un domaine très large couvrant l’histoire des cultures et des religions, de manière à reconstituer ce qu’on pourrait appeler une genèse de la morale. Il s’appuie pour cela sur l’observation de tribus primitives rapportée par des anthropologues tels que Frazer ou Wundt, afin de dégager le sens de leurorganisation sociale et religieuse, le totémisme, et des règles sacrées qui dirigent leur comportement, le tabou.
Mais quel est donc le lien entre l’origine de la culture et la vie sociale des primitifs ? Freud cherche à donner une explication psychanalytique de la naissance de la culture, c’est pourquoi il exploite dans sa démonstration l’archaïsme des hommes sauvages supposé proche decelui de nos ancêtres.
Dans une perspective évolutionniste, il pose donc l’hypothèse que nous avons eue dans une vie antérieure, conscience de la nécessité de respecter des tabous, comme le font la plupart des primitifs.

« La conscience morale taboue est sans doute la forme la plus ancienne sous laquelle se présente à nous le phénomène de la conscience morale. », Freud, Totem etTabou

Freud postule qu’il y a des comportements, des composantes de la vie psychique qui subsistent au travers du temps et au travers du monde entre tous les peuples.
Dans cette mesure, il existe un lien entre le comportement des primitifs et celui des premiers hommes, qui est d’autant plus fort que leur conditions de vie (et leur développement psychique) sont très semblables.Ce comportement est donc propre à éclairer l’émergence de la culture.

Les peuples natifs d’Australie, les plus sauvages parmi les peuples au mode de vie primitif, offrent une certaine ressemblance avec les hommes préhistoriques dont descend l’homme civilisé moderne. Pour comprendre le comportement de ces ancêtres, Freud propose une comparaison interdisciplinaire entre la vie psychiquede nos contemporains, ces primitifs australiens (du domaine de l’ethnologie) et celle des névrosés (psychanalyse).
Ces tribus sauvages d’Australie forment donc le support de l’analyse de Freud ; leur mode de vie semble particulièrement ancien : pas de maisons, pas d’agriculture, d’élevage ni de poterie. Toutefois, leur vie sexuelle et sociale contraste fortement avec cet archaïsme : lesrapports incestueux sont hautement prohibés et toute l’organisation sociale de la tribu découle de cette interdiction.

Le totémisme est pour les tribus australiennes l’équivalent d’un système religieux. On peut le décrire de la manière suivante : les tribus se subdivisent en groupes plus petits, des clans, dont chacun porte le nom de son totem, en général un animal ou un être vivant.Les membres du clan sont soumis à l’obligation sacrée de ne pas tuer leur animal-totem, de s’abstenir de manger sa chaire ou d’en jouir autrement.

La transmission du totem est héréditaire, soit par voie paternelle, soit par voie maternelle, qui semble avoir été partout la plus primitive, et n’a été remplacée par la transmission paternelle que beaucoup plus tard.

En outre, laloi de l’exogamie impose aux membres d’un même totem l’abstention de rapports sexuels entre eux, par voie de conséquence, ils ne peuvent pas se marier entre eux. Au sein du système de prohibitions totémiques, l’inceste ne constitue qu’un cas particulier, c’est pourquoi les liens du sang n’ont d’autre statut que celui d’une sous catégorie des liens totémiques, fondement véritable del’organisation sociale.

En ce sens, le totémisme tient lieu de famille dans ces tribus ; il faut supposer que le mariage de groupe a dû précéder historiquement le mariage individuel. Dans ce contexte, l’exogamie totémique apparaît comme le moyen d’empêcher l’inceste de groupe, dispositif qui aurait survécu pendant longtemps aux circonstances qui l’ont fait naître.

Ce système permet la...
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