Un jour

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  • Publié le : 3 juillet 2010
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Rousseau – Du contrat Social

a) L'état de nature :

L’état de nature a peut-être existé. Peu importe. Cela reste une hypothèse. Toujours est-il que selon Rousseau cet état de nature est paisible. L'homme s'y trouve dans la condition d'un animal solitaire, indépendant, « stupide et borné » : autrement dit, il n'y a pas d’évolution, car rien ne le contraint à sortir de cet état. N'ayantaucune relation nécessaire avec les autres, il ne parle pas, il ne se pense pas. Sa raison est embryonnaire, entièrement au service de l'instinct. Il vit comme il sent. Deux sentiments innés commandent ses actions : La conservation de soi ou amour de soi (à ne pas confondre avec l'amour propre) et la pitié (sorte d'empathie qui lui fait craindre de faire du mal à autrui).

Se laissant aller à sespenchants naturels égoïstes, mais détestant la violence, cet être n'est ni bon, ni mauvais, il n'a aucun sens moral, donc aucune perversité . Il est amoral, cad hors de toute moralité. Comme Locke, Rousseau admet donc un état de nature paisible, mais l'homme n'est pas naturellement sociable. Contre Hobbes, pour qui l'état de nature est un état de guerre de tous contre tous, Rousseau considère quel'homme n'est pas par nature insociable, donc la sociabilité reste possible.

Donc, il n'est ni sociable, ni insociable, en quelque sorte il est asocial. Rien ne le prédispose à la vie en société, mais rien ne le lui interdit non plus ; c'est une des premières conditions qu'observe Rousseau pour justifier son changement de nature. Il dira que la nature humaine est perfectible, cad qu'elle peutévoluer (vers le bien ou le mal, le mieux ou le pire, le progrès ou la corruption). Mais notons toutefois que cette évolution signifie l'irréversibilité. S'il quitte l'état de nature, il n'y retournera plus, il se dénature, et entre dans l'Histoire.

b) la sociabilité :

Un évènement extérieur est venu troubler l’harmonie originelle (changement de conditions climatiques par ex, et/ousurpopulation)

-La promiscuité

C’est donc un changement du milieu naturel qui a poussé les hommes à changer leur manière d’être : ils vont se regrouper et cette promiscuité pour laquelle ils ne sont pas faits, va provoquer la première corruption de leur nature. Nous avons vu que la nature humaine se découvre non point bornée mais perfectible, ce qui signifie qu’elle peut évoluer selon lescirconstances dans un sens comme dans l’autre.

- L'amour propre

La vie en société et la nouvelle dépendance qui en découle va faire évoluer l’âme humaine. L’homme se compare à l’autre et sa psychologie évolue : il commence à se penser à partir de l’autre : l’amour propre apparaît et guide ses actes. Dans son sillage, tout un cortège de nouveaux sentiments font surface : l’envie, la jalousie, larancune, la colère... tous sentiments inconnus jusqu'alors qui vont pourtant définitivement corrompre la nature humaine.

- L'appropriation

La rivalité naissante va se conjuguer avec un deuxième facteur de discorde : l'appropriation. (qui laisse perplexes les indiens d'Amérique- Comment peut-on posséder le vent, les montagnes ou les rivières ??? – cf Supplément au voyage de Bougainville –Diderot). Les plus forts, les plus cupides vont se servir les premiers et aggraver les inégalités parmi les hommes. Contre ceux qui contestent, ils diront : « J’étais là le premier », se référant à un supposé droit du premier occupant. Pour Rousseau, l’appropriation ne fait pas la propriété. La possession ne fait pas la propriété. La force ne fait pas droit.

Appropriation force

Possession faitPropriété droit

Si l’usage de la force mène à une situation de fait, on ne peut pas aussi facilement en déduire un droit. Le premier qui s’installe n’acquiert pas pour autant le droit de propriété. Contre Locke, Rousseau récuse que le droit de propriété soit un droit naturel. Je ne décide pas par moi-même de ce qui me revient de droit ; pour qu’il y ait droit, il faut d’abord qu’une...
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