Villey

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  • Publié le : 29 mars 2011
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VILLEY Michel 1914-1988

Historien français du droit, et spécialiste du droit romain. Né à Caen, agrégé des Facultés de droit, Villey après un séjour à Saïgon, fut nommé en 1949 professeur titulaire à la Faculté de Droit de Strasbourg, puis en 1961 à l’Université de Paris. Avec Henri Batifol, il créa et dirigea le Centre de philosophie du droit ainsi que les Archives de philosophie du droit.Philosophie du droit I. 1975, II. 1979

Villey a toujours déploré que la philosophie du droit ait rencontré en France une certaine “ hostilité ” et que nombre de juristes la délaissent comme “ une discipline inutile ”. Cela le conduisit à entreprendre un “ précis ” de philosophie du droit qui apportât aux étudiants en droit, et aux autres, “ ce quelque chose de fondamental ” dont une culturevéritable a besoin.

L’ouvrage comporte deux volumes : Le premier est intitulé : Définitions et fins du droit. La première tâche de la philosophie du droit est de s’interroger sur la finalité du droit. Aristote, à cet égard, demeure un modèle inégalable auquel l’auteur consacre la première section de son ouvrage, montrant que la justice est la fin propre du droit. Il est donc éminemment regrettableque l’Éthique à Nicomaque et le Digeste soient, de nos jours, si souvent méconnus, recouverts qu’ils sont “ par d’autres vagues de philosophie générale, charriant d’autres définitions de la finalité du droit ”. La seconde section aborde d’un regard critique ces autres conceptions du droit, qui lui assignent pour fin ou bien de déterminer la “ bonne conduite ”, ou de servir l’individu, ou encored’être au service de la société. La surabondance des fins attribuées au droit dans la pensée contemporaine est, pour l’auteur, un signe : elle indique “ le néant de pensée où se complaisent les positivistes ”. Mieux vaut reconnaître que le droit est l’art du partage et qu’il trouve à s’exercer dans certaines opérations comme les attributions et les échanges. En fonction de cette fin, sont forgés les“ moyens ” des sciences du droit.

Très logiquement, le second volume s’intitule donc : Les moyens du droit. Il est inspiré par l’esprit “ classique ” et explore avant tout la tradition. Il est en effet nécessaire de connaître par quels moyens s’opère la “ distribution ” ou le juste partage que veut le droit. Par-delà les “ littératures ” que nous offrent tous “ les catalogues de textes ”, les “théories générales du droit ” et les “ philosophies ”, Villey distingue dans l’art du droit trois espèces de moyens : les moyens logiques, la référence aux sources naturelles, le recours aux lois positives. Il constate que, de nos jours, “ la méthode du droit naturel ” est oubliée. Parce que le concept de nature s’est désintégré, on en est venu à penser le droit comme un ensemble de normesproduites par la pensée, ou bien on a aligné le droit sur le fait, le dépouillant ainsi de sa valeur. C’est pourquoi la renaissance du droit naturel qui se manifeste au xxe siècle paraît de bon augure. Mais elle ne sera bénéfique qu’à condition de redécouvrir vraiment la notion concrète de nature. Il importe donc que cessent la domination de la loi et son acceptation passive. Seulement, l’insurrectioncontre les lois, telle qu’elle apparaît dans l’École du droit libre d’Erlich, dans la Sociological Jurisprudence inaugurée par Pound aux États-Unis, dans “ l’esprit moderne ” qui se manifeste en Amérique ou en Scandinavie, est loin d’être suffisante, car elle n’est, en fait, qu’un produit du positivisme et révèle en cela son inadéquation. Le juste, en cette révolte, ne trouve pas son compte.

Unevéritable philosophie du droit est celle qui, sans méconnaître le jus constitutum, en sait aussi les limites parce qu’elle a conscience dé ses origines. Son unique moyen est la pratique de la dialectique, c’est-à-dire le questionnement et la controverse qui sont “ l’autre ” du dogmatisme, “ ce vice des systèmes du rationalisme moderne ”.

Le droit et les droits de l’homme 1983

Bien que...
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