Violence des hommes

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  • Publié le : 27 février 2010
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105256 - Dire que les hommes sont agressifs et violents par nature, est-ce justifier la violence ?
Analyse du sujet
· Eléments de définition

Violence = Force d'une intensité particulière.
1. Usage illégitime de la force et atteinte à l'intégrité des personnes. Alain, Définitions, in Les Arts et les dieux.
2. Usage considéré comme légitime de la force :
- Par uneinstitution, dans le but de faire respecter la loi. Weber écrit que l'Etat moderne se réserve le monopole de la violence physique légitime. (Le Savant et le politique).
- Contre le pouvoir en place et l'autorité existante, afin d'établir un pouvoir plus juste. Selon Marx, la « violence est l'accoucheuse de l'histoire ».
- Comme praxis révolutionnaire du colonisé qui, en faisantusage de la force, combat pour sa liberté et reconquiert sa dignité.
3. Selon Eric Weil : refus de la communication, fermeture du discours et de la pratique humaine. Si la violence est l'autre de la vérité (ce que n'est pas l'erreur qui est encore, en vérité), il y a de la violence en tout discours particulier en tant qu'il est particulier (Logique de la philosophie).

Agressivité =
1-Disposition à la destruction orientée vers l'autre ou vers soi-même. A la différence de la violence fondamentale, elle se caractérise par sa visée objectale : elle suppose la reconnaissance de l'autre en tant qu'il fait obstacle à nos projets.
2- Comportements d'ordre réactionnel dans les théories qui accordent la prééminence à l'environnement : la présence du comportement agressifprésuppose toujours l'existence d'une frustration et celle-ci est génératrice d'agressivité.
3- Dans le cadre des conceptions innéistes, qui accordent à l'instinct une priorité, comme chez Freud, l'agressivité est définie comme une tendance visant à nuire à autrui, à l'humilier ou à la détruire. Malais dans la civilisation.

Justification = Argument utilisé pour montrer le bien fondé d'unedécision, d'une action, d'une conclusion.
1- Le fait de rendre raison de quelque chose. Ce qui suppose le postulat rationaliste selon lequel « rien n'existe sans raison ».
- Leibniz, La Monadologie, § 31-32.
2- Tentative pour rationaliser après coup des motivations, des sentiments. Peut confiner à la mauvaise foi.
- Malebranche, Recherche de la vérité, Livre V, ch. XI.
·Angles d'analyse

Il s'agit ici de mettre en cause les conséquences d'un discours sur la nature de l'homme. Nombres de théoriciens du droit naturel (tels que Hobbes notamment), on définit l'état de nature - et donc la nature même de l'homme dans son état le plus originel et originaire - comme règne de la violence. Mais, un tel discours sur une violence et une agressivité intrinsèque à lanature humaine, n'est pas sans conséquence une fois passée à l'état social, une fois l'Etat historique instauré.
Il semble pour autant difficile de circonscrire la violence, tant les formes de manifestations sont variées : allant du chantage en passant par des techniques raffinées d'exploitation des faiblesses des hommes, jusqu'à la simple agression physique ou la mise en œuvre de moyens parfaitementrationnels propre à amorcer la destruction de la nature ou d'un peuple. La brutalité - physique ou morale - l'agressivité, ne sont donc que des expressions possibles, ou même accessoires, de la violence. Il faudra néanmoins chercher à distinguer, dans leur concept même, les termes de violence et d'agressivité.
Il est notable que justifier c'est à la fois rendre raison de mais aussi et surtout,dans le cas qui nous intéresse ici, c'est légitimer. Si donc l'on dit qu'il est de la nature de l'homme d'être violent, alors comment, en droit, pourrait-on réprimer la violence en la proclamant illégitime ? Cette condamnation n'est-elle pas contre nature justement ?
On s'interroge donc ici à la fois sur les conséquences d'un présupposé (« l'homme est un loup pour l'homme » selon la formule...
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