L'essor de cluny

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  • Publié le : 25 mai 2011
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L'essor de Cluny

Lorsque le duc Guillaume d'Aquitaine fonde en 910 l'abbaye bénédictine de Cluny en Bourgogne, il croit probablement ne manifester qu'un modeste surcroît de piété en abandonnant toute prétention de suzeraineté sur sa fondation et en la soumettant directement à Rome. En fait, il assure ainsi son indépendance à l'égard de tous seigneurs laïcs ou épiscopaux. Des abbés de grandequalité, élus librement, se succéderont pendant plus de deux siècles, et la longue vie de certains d'entre eux favorise la continuité et l'essor. La règle est strictement appliquée, du moins tant que l'abondance des recrues ne nuit pas encore à la qualité des vocations. La liturgie de la louange au chœur et de l'eucharistie est célébrée avec magnificence. Cluny attire, Cluny acquiert des domaines,Cluny essaime par de nouvelles fondations ou parce que des abbayes plus anciennes se rallient à sa réforme. En 994, 37 maisons dépendaient ainsi de Cluny. A la mort de l'abbé Hugues, en 1109, elles étaient plus de mille, de taille diverse, du Yorkshire à la Campanie, de l'Espagne aux rives de l'Elbe. Du sein de cet "ordre" sortait des évêques et des papes. Une stricte hiérarchie soumettait lesabbés ou les prieurs à l'abbé de Cluny, directement ou par l'intermédiaire des abbés de grands monastères. Les moines clunisiens échappaient ainsi à la féodalité générale, mais au sein d'une sorte de féodalité monastique particulière. La réforme clunisienne avait montré la voie, mais elle risquait d'être écrasée sous son propre succès et l'abondance de ses biens et de sa puissance, malgré la qualitéspirituelle de ses grands abbés.

A la même époque, d'autres abbayes, telles le Bec-Hellouin ou la Chaise-Dieu, furent des foyers de renouveau et constituèrent autour d'elles des sortes d'ordres, mais sans la même extension ni surtout la même permanence. En même temps certains fondateurs recréent un espace pour la vie érémitique, la vie monastique solitaire, en la tempérant de moments deregroupement communautaire : ainsi saint Romuald au début du onzième siècle à Camaldoli en Italie, ou saint Bruno en 1084 à la Grande-Chartreuse.

Un renouveau monastique a donc précédé et accompagné la réforme le l'institution ecclésiastique.

La réforme "grégorienne"

A partir du milieu du onzième siècle, des papes conscients des dérives tentent de redresser la situation. En 1046 encore, l'empereurHenri III avait pris l'initiative de déposer trois papes ou antipapes en lutte l'un contre l'autre. Et c'est lui qui en 1049 désigne un de ses parents, l'évêque de Toul Bruno, qui devient Léon IX. Celui-ci arrive à Rome accompagné par le jeune moine Hildebrand, le futur Grégoire VII. En cinq ans d'un court pontificat, Léon IX passa plusieurs fois les Alpes, tint des synodes réformateurs à Rome, àReims, à Mayence, combattit partout la simonie (vente des charges ecclésiastiques. Nicolas II, pape de 1058 à 1061, décide en 1059 que le choix du pape sera réservé aux cardinaux-évêques délibérant les premiers, rejoints ensuite par les autres cardinaux, clercs des principales églises de Rome, l'approbation du clergé et du peuple de Rome venant seulement parachever le processus. L'empereur HenriIV (à cette date il s'agit plus exactement de sa mère, qui exerce la régence) accepte mal d'être mis à l'écart de l'élection, et à la mort de Nicolas il oppose quelque temps son candidat à l'élu romain. En 1073 une succession régulière amène Hildebrand, Grégoire VII, au pontificat.

Grégoire mit toute son énergie à affranchir l'Eglise de la tutelle des laïcs puissants, et principalement del'empereur. Il voulut mettre fin à l'investiture des évêques par les princes. Le long conflit qui l'opposa à Henri IV, et qui dura sous leurs successeurs, est connu sous le nom de Querelle des Investitures. L'épisode le plus illustre en est l'humiliation de Canossa : l'empereur avait prétendu faire déposer le pape par un synode allemand réuni à Worms, Grégoire l'avait excommunié et avait délié ses...
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