L'etat et la jeunesse en france de 1945 aux années 80

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  • Publié le : 11 avril 2011
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L’Etat et la jeunesse en France de 1945 aux années 80

Dès la sortie de la seconde guerre mondiale, les politiques de l’Etat et les discours sur la reconstruction sont centrés sur la jeunesse. Ce groupe social émergeant apparait comme incarner au mieux l’idéal, l’avenir. En effet, c’est à la Libération que la jeunesse tend à s’affirmer comme une catégorie sociale spécifique et devient ainsiun objet d’intervention sociale. Dans le contexte des Trente Glorieuses on voit naitre une « culture jeune » qui va par la suite se manifester de plus en plus fortement. L’Etat est alors confronté à une population qui se construit, plus ou moins malgré elle et qui s’enhardit principalement à travers son opposition au monde adulte. Il doit réussir à encadrer ou la faire participer à ses propresenjeux mais pour cela doit réussir à en comprendre les fonctionnements et à s’en faire accepter. Les pouvoirs publics sont perçus à la fois comme figure d’autorité mais aussi, principalement dans un second temps, comme Etat-providence comportant un rôle social fondamental. L’Etat et la jeunesse affiche une dépendance réciproque, l’un symbolisant l’avenir et l’autre le support pour réussir à seconstruire. Pour autant ces deux entités s’opposent sur de nombreux points. En effet, si l’Etat a pour objectif de faire respecter les lois la jeunesse apparait comme « rebelle » et « anticonformiste », sur toute la période va s’instaurer une sorte de jeu, de confrontation, l’Etat tentant de poser des normes et des limites que la jeunesse cherche sans cesse à dépasser et à modifier pour se construire. Deplus l’Etat se retrouve confronté à plusieurs problèmes ; il agit en fonction des représentations qu’il se fait lui-même de la jeunesse alors que ce groupe social est hétérogène, en perpétuel changement et revendiquant ses particularismes ; en outre, l’Etat a pour but d’intégrer la jeunesse au reste de la société mais lui attribuer des politiques spécifiques semble la marginaliser. L’encadrementde la jeunesse par l’Etat évolue et progresse de 1945 aux années quatre-vingt, les différents gouvernements prenant en compte les erreurs du passés et essayant de suivre la construction de se groupe qui réciprociproquement modifie sa visions des pouvoirs publics tout au long de la période. De 1945 à 1954, l’Etat tente de comprendre ce groupe social émergeant mais il se retrouve vite confronté àdes difficultés et le lien unissant ces deux entités étant encore faible, les premières politiques misent en œuvre sont peu effectives. En 1954, la création du Haut-commissariat marque une rupture et annonce l’institutionnalisation des politiques de la jeunesse, l’Etat n’est plus présent seulement dans les discours mais agit réellement pour cette catégorie sociale qui continue de s’affirmer àtravers notamment la société de consommation durant période des Trente glorieuses. Et c’est à partir de 1968, que les relations entre l’Etat et la jeunesse sont les plus directes, les pouvoirs publiques devant faire face à l’affirmation des jeunes comme un groupe capable de se mobiliser pour défendre des intérêts communs mais aussi devant mettre en place des politiques sociales pour les aider durantles crises de la société post-industrielle.

Dans un premier temps la priorité est à la sortie de la guerre et à la reconstruction. La jeunesse est un point important de la politique de l’Etat, elle représente l’avenir. La jeunesse est depuis quelques années de plus en plus considérée comme une catégorie sociale à part entière, son émergence en tant que groupe social particulier incite l’Etat àréaliser d’avantage des politiques la concernant spécifiquement ; même si cela n’est pas évident de 1945 à 1954, les différentes organisations étant peu unifiées.
La prise de conscience du poids des jeunes dans la société et leur association au futur ne date pas de 1945, Vichy en avait déjà tenu compte. Cependant la libération marque une rupture, ce n’est plus un régime autoritaire ou...
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