Asiles

Pages: 10 (2430 mots) Publié le: 14 février 2011
Asiles, Erwing Goffman, Les éditions de minuit,
Paris, 1968

But de la connaissance

L’auteur poursuit la volonté d’étudier d’aussi près que possible la façon dont le malade vivait subjectivement ses rapports avec le milieu hospitalier (p.37). En effet, Goffman pense qu’il n’est pas de groupe où ne se développe une vie propre (p.38) et de ce fait, il convient de la décrire de l’intérieur.L’auteur a donc passé quelques mois, « errant » librement dans les couloirs d’un hôpital psychiatrique.

Théories et concepts

1. Institution totalitaire : lieu de résidence et de travail où un grand nombre d’individus, placés dans la même situation, coupés du monde extérieur pour une période relativement longue, mènent ensemble une vie recluse dont les modalités sont explicitement réglées(p.41).

La caractéristique essentielle des institutions totalitaires et de briser les frontières entre distraction, endroits différents, travail et partenaires différents (p.47). En effet l’institution totalitaire regroupe le tout, tous les aspects de l’existence s’inscrivent dans le même cadre (p.48). Le traitement est collectif (p.48) et les reclus sont surveillés (p.48). Les échanges avecl’extérieur sont restreints, la seule possibilité d’échange reste les surveillants, ou éducateurs…

De plus, les reclus sont systématiquement tenus dans l’ignorance des décisions qui le concernent (p.51), ainsi donc, ces limites entretiennent l’image stéréotypée et antagoniste que chaque groupe se forme de l’autre(p.51). En ce qui concerne le rapport au travail, les instituions totalitaires sontincompatibles avec cette structure de base de notre société qu’est le rapport travail-salaire (p.53) et la famille (p.53), remplacée par la communauté.

En résumé, l’institution totalitaire est un foyer de coercition (p.54).

2. Techniques de mortification

2.1 Isolement

L’individu est dépossédé de ses rôles car il n’est plus libre, il est un mort civil (p.58). En effet, lorsde l’admission les formalités consistent à dépouiller l’individu pour le transformer en objet que l’on peut livrer à la machine de l’établissement (p.59). Pour le personnel, le premier contact est important, il peut conditionner la suite de la vie du reclus. Une déférence appropriée est le signe que le reclus est prêt à assumer le personnage du reclus soumis (p.60), s’il se révolte tout seratenté pour briser sa volonté (p.60)

2.2 Dépouillement

Le reclus ne disposent que peu d’affaires personnelles, ces nouvelles possessions portent des marques voyantes indiquant qu’elles appartiennent bien à l’établissement (p.62). Les objets intimes sont spoliés.

2.3 Dégradation de l’image de soi

Les reclus ont souvent l’impression que leur intégrité physique estmenacée, ils perdent un sentiment de sécurité générale (p.64). De plus l’image de soi est souvent dévalorisante : souper à la cuillère, sollicitation du surveillant pour n’importe quelle demande que l’on pourrait effectuer librement au-dehors (toilettes par exemple), personnel parlant de la personne comme s’il elle n’était pas là, obligation de manger des aliments que l’on n’aime pas….

2.4Contamination physique

Le reclus subit une violation de son moi intime, il doit révéler des faits et des sentiments personnels à un public qu’il ne connaît pas, il subit donc des situations humiliantes (p.67). De plus l’établissement est sorte de Panopticon, il y a toujours une personne susceptible de voir le reclus ou de l’entendre (p.69).

2.5 Contamination morale

Lepersonnel s’arroge souvent le droit d’user d’un ton familier ou de formules abrégées (p.74), s’ensuit un oubli des règles élémentaires de politesse. En fait, il n’y pas la moindre intimité (p.75), même dans les comportements sexuels.

3. Voies de la dépersonnalisation

Lorsqu’un individu se trouve dans l’obligation de subir des événements ou d’obéir à des ordres en contradiction avec...
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