Commentaire de texte : le voyageur de guillaume apollinaire

Pages: 13 (3117 mots) Publié le: 13 mars 2012
Publié d’abord en 1912, Le Voyageur est un des poèmes rassemblés ensuite dans Alcools en 1913. Dans Alcools, Apollinaire tente d’explorer de nouvelles façons d’aborder la modernité et surtout le sujet moderne en expérimentant avec des styles et des formes poétiques originales. Un thème qui se retrouve souvent dans ce recueil est celui de la fascination mélangée avec le malaise face à cettemodernité. En accord avec les mouvements artistiques du moment, il cherche la décomposition du sujet poétique en maniant la forme et le contenu de ses poèmes. Au premier abord, Le Voyageur est un poème très difficile à cerner, semblant être composé de nombreux éléments différents qui ne vont pas ensemble. Le sujet est difficile à cerner, ainsi que le temps, l’endroit et l’objet du poème. C’est un poèmequi semble vouloir englober de nombreux aspects en même temps. En quoi ce poème est-il un poème qui à la fois oppose et réunit l’unité et la disparité du sujet moderne ? De plus, comment Apollinaire montre-t-il son malaise et sa révérence à l’égard de cette nouvelle modernité où réside ce sujet ? Nous verrons dans un premier temps la façon dont le poème utilise plusieurs techniques formelles etthématiques pour mettre le lecteur dans un état similaire à celui du sujet moderne. Puis, nous verrons en quoi le poème se place dans un temps personnel mais universel, et contemporain mais se référant au passé pour ordonner le présent par les souvenirs.

Formellement, le poème installe une atmosphère floue et difficile à cerner dès le début. La métrique des vers oscille entre le vers libre etl’alexandrin, avec parfois des quatrains entiers composés d’alexandrins et puis d’autres strophes qui ont des vers avec aussi peu de syllabes que 4 ou autant que 17. De plus, il n’y a pas beaucoup de régularité dans l’enchainement de ces différents vers, il n’y a pas de motif rythmique cernable d’une strophe à l’autre, et les vers semblent être arbitrairement mis un après l’autre. Parfois, quand unvers a douze syllabes, ce n’est même pas un alexandrin, par exemple le vers 28 : « Traîneau d'un boucher régiment des rues sans nombre ». Ici, la césure se trouve à la cinquième syllabe, c'est-à-dire après le mot « boucher ». Ainsi, le vers se découpe cinq/sept, et non six/six, comme le fait l’alexandrin traditionnel. Apollinaire joue avec les attentes du lecteur par rapport aux vers traditionnels,amenant souvent le lecteur à hésiter sur la manière de lire le vers. Plus frustrant encore pour le lecteur est un vers comme le vers 19 : « Nous traversâmes des villes qui tout le jour tournaient ». Si ce vers est lu en prononçant les e après « traversâmes » et « villes », le vers a quatorze syllabes. En ne les comptant pas, en revanche, le vers devient un alexandrin régulier. On ne peut savoir sice vers doit être régulier ou irrégulier, et donc le lecteur doit encore hésiter dans sa lecture du poème. Ce jeu entre la régularité et l’irrégularité dans le poème est partout dans la forme : dans la métrique mais aussi dans les rimes. Quelques strophes ont des vers qui riment, mais la majorité ne le font pas, et quand c’est fait ce n’est pas uniforme de strophe en strophe. A la huitièmestrophe, les trois vers forment une rime redoublée, mais les quatrains vers la fin ont des rimes embrassées. Ainsi, il n’y a pas de récurrence de motif de rimes dans le poème, ni de métrique, faisant que le poème donne un sentiment de disparité dans l’ensemble, un sentiment qui est assez rebutant pour le lecteur. L’irrégularité règne, et les moments brefs de régularité, en contraste, servent à mettre enévidence le sentiment de ne pas pouvoir prendre pied dans le poème.
Ce sentiment de flou et d’impossibilité de se retrouver dans l’espace poétique est renforcé par le grand nombre de sujets du poème, qui se multiplient au fil du texte. Au début, on parle de « je », parlant à un « vous ». Cependant, presque immédiatement, deux vers après, le poème semble être adressé à un « tu ». Puis,...
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