Critique de la faculté de juger, kant

Pages: 11 (2543 mots) Publié le: 6 octobre 2013
Dans ce texte extrait de la Critique de la faculté de juger, Kant entend marquer les différences entre une machine et un être vivant : le second est irréductible à la première.
En effet, si dans une montre, par exemple, il y a bien transmission du mouvement d'une partie de l'objet à une autre ; en revanche, pas plus la montre elle-même qu'aucun de ses rouages n'est responsable de laformation de l'ensemble et de leur organisation spécifique : c'est l'artisan qui en est l'auteur. L'être vivant au contraire, s'organise de lui-même, il donne forme par sa seule et propre spontanéité aux matériaux qui composent ses organes. On peut donc dire que dans ce texte Kant s'attaque à la compréhension purement mécaniste du vivant, telle qu'on la trouve en particulier chez Descartes. Certes, danscette machine qu'est une montre, une partie fait bien se mouvoir une autre partie (c'est même sa fonction propre de produire un tel effet mécanique), mais elle ne la produit pas : c'est l'horloger qui a conçu la montre et qui l'a fabriquée « d'après des Idées » ; c'est lui qui a organisé les parties de la montre en fonction de l'effet qu'il voulait produire. On a affaire ici à une finalitépurement externe, parce qu'elle est le fait de l'horloger, non de la montre. La seconde partie de notre texte atteste cette différence : une machine ne peut pas plus produire d'elle-même ses parties que produire une autre machine, ou se réparer toute seule si elle est défectueuse. Or tous ces phénomènes d'autoproduction, de reproduction et d'autoréparation sont, à l'opposé, constatables de manièremanifeste dans la nature vivante : celle-ci paraît bien être douée d'une force productrice finalisée de manière interne. Encore faut-il expliquer cette différence jusqu'à présent seulement constatée : si l'on trouve dans toute machine « une force motrice », par laquelle le mouvement se transmet d'une partie à une autre, il y a en revanche dans l'être organisé (et dans lui seul) « une forceformatrice », un principe interne et spontané d'organisation de la matière et de production de formes, dont le mécanisme seul est incapable de rendre compte. La compréhension de la nature vivante devra donc tenir compte de cette spécificité qu'aucune machine ne possède.
Contre et par-delà Descartes, Kant semble ici renouer avec la pensée de celui que l'on peut, en un sens, considérer comme le fondateur de labiologie, à savoir Aristote ; celui-ci, en effet, soulignait déjà cette dynamique interne et finalisée propre au vivant. Pour autant, comment la démarche scientifique moderne, fondée sur une causalité de type mécanique, pourra-t-elle rendre compte de ce qui semble échapper à son mode propre d'explication des choses ? C'est le statut de l'explication téléologique (explication qui présupposel'existence de buts à l'œuvre dans la nature) qu'il conviendra ici d'examiner.

I. L'analyse détaillée du texte


1. La finalité externe des machines


a) La transmission du mouvement

Une montre est une machine complexe, composée d'un ensemble de rouages, d'engrenages et de ressorts qui, une fois la montre remontée, sont entraînés les uns par les autres, transmettant ainsi un mouvement régulieraux aiguilles du cadran : c'est donc à bon droit qu'on peut dire qu'ici, le mouvement d'une partie est cause du mouvement d'une autre partie. Mais l'existence même de chacune de ces parties n'est imputable à aucune autre : certes, l'une n'existe avec sa forme propre (celle d'un ressort par exemple) que pour pouvoir transmettre du mouvement à une autre (un engrenage par exemple), mais le ressortn'est pas « la cause efficiente de la production » de l'engrenage. En d'autres termes, il y a bien une finalité qui régit l'organisation de la montre, dont chaque partie avec sa forme propre remplit une fonction spécifique par rapport aux autres et au tout de la montre, mais cette finalité est purement externe : elle n'est pas imputable à la nature du métal dont se compose le ressort, ni à...
Lire le document complet

Veuillez vous inscrire pour avoir accès au document.

Vous pouvez également trouver ces documents utiles

  • Kant critique de la faculté de juger
  • Kant critique de la faculté de juger
  • Kant, critique de la faculté de juger
  • Kant critique de la faculté de juger l'eshtetique
  • Critique de la faculté de juger écrite par kant
  • Kant critique de la faculté de juger, §7
  • Kant, Critique de la faculté de juger, §1
  • Commentaire sur le paragraphe 33 de la critique de la faculté de juger, de kant

Devenez membre d'Etudier

Inscrivez-vous
c'est gratuit !