Différence incipit réaliste et surréaliste

436 mots 2 pages
Louis ARAGON se distincte par des éléments propre au surréalisme dont il est l’un fondateur. En effet cet incipit issu du surréalisme est singulièrement différent de l’incipit de Germinal par Zola et de Madame Bovary par Flaubert : tous deux sont réalistes ou naturaliste. Il est innovant d’un point de vue de son fonctionnement, de sa forme et de son style.
Premièrement, on remarque l’absence d’éléments spatio-temporels précis : « […] un vers qui l’avait hanté pendant la guerre, dans les tranchées » (l.10-11) soit après la guerre des tranchées, 1918. Et à peine plus précisément : « […] Beyrouth. Territoire sous mandat » (l.18) ; on se situe donc entre 1920 et 1946. En ce qui concerne l’espace, seule l’hypothèse est possible ; Louis Aragon est français, écrit à propos de Bérénice par Racine, français : l’histoire se situe vraisemblablement en France (ce qui reste un vaste territoire). On ne peut pas répondre aux questions de base que devraient nous apporter un incipit réaliste (Où ? Quand ? Quoi ?).
Deuxièmement, pour reprendre sur le thème de l’imprécision : on ne connaît que le nom et les pensées du personnage. Quant à Bérénice, il ne détaille pas plus : « franchement laide » (l.1), « Aurélien n’aurait pu dire si elle était blonde ou brune » (l.6). Le fait qu’il utilise une focalisation interne renforce sa subjectivité. Son manque de détails se reflète aussi sur la forme du texte : c'est-à-dire des phrases courtes dont beaucoup sont construites sans verbe : « Une étoffe qu’il n’aurait pas choisie. » (l.2), « Mais Bérénice » (l.9), « Ou pour une femme. » (l.20). Il utilise beaucoup de points de suspension (l.8/14/15/16/19/20/22…) qui traduisent soit des trous de mémoire, des silences ou des moments ou une réflexion est suggérée : « […] la malaria… qui avait attendu pour se déclarer » (l.22), « Césarée… » (l.20).
La focalisation interne de l’incipit nous permet de « rentrer » dans les pensées d’Aurélien, caractéristique du surréalisme : « Plutôt petite, pâle,

en relation

  • Le Roman Comique De Scarron
    6111 mots | 25 pages
  • Peut-on apprécier et comprendre une oeuvre dans l'ignorance de son contexte et dépourvu de connaissance sur l'auteur ?
    1600 mots | 7 pages
  • Raymond queneau
    1615 mots | 7 pages
  • Incipit aurelien
    2655 mots | 11 pages
  • Fiches
    4985 mots | 20 pages
  • Je ne comprends pas à quoi sert ce titre ni a partager un truc
    13711 mots | 55 pages
  • Aragon
    23518 mots | 95 pages
  • Guide Reconnaissance NA 1
    15750 mots | 63 pages
  • Billets
    13500 mots | 54 pages
  • nait on libre ou le devient on
    38865 mots | 156 pages