Doit-on être de son temps ?

Pages: 7 (1566 mots) Publié le: 27 mars 2011
*Définitions*

* *être* : Du latin esse, « être ». 1) Verbe : exister, se trouver là.
En logique, copule exprimant la relation qui unit le prédicat au
sujet (exemple : l'homme est mortel). 2) Nom : ce qui est, l'étant.
3) Le fait d'être (par opposition à ce qui est, l'étant). 4) Ce
qu'est une chose, son essence (exemple : l'être de l'homme). 5) Avec
une majuscule(l'Être), l'être absolu, l'être parfait, Dieu.
* *temps* : Milieu indéfini et homogène, analogue à l'espace, dans
lequel se déroulent les événements. Temps objectif: Mouvement
continu et irréversible (« flèche du temps ») par lequel le présent
rejoint le passé. Temps subjectif: Sentiment intérieur de la
temporalité, telle qu'elle est vécue par le sujet (synonyme : durée).*Introduction.* — Le laudator temporis acti a peu de crédit auprès des
jeunes. Si on leur impose le genre de vie que connurent leurs
grands-pères, voire leurs parents, ils protestent : nous ne sommes plus
au siècle de la diligence et de la chaise à porteurs, mais à celui de
l'automobile et de l'avion. Il faut vivre avec son temps, et il est
absurde de s'immobiliser au stade d'une civilisationpérimée. Que
faut-il penser de cette prétention et peut-on admettre sans aucune
réserve qu'il faut être de son temps ?

*CE QU'IL FAUT ENTENDRE PAR « ÊTRE DE SON TEMPS »
*
Inutile de le dire, il ne dépend pas de nous d'être contemporains de
Louis XIV ou de vivre à la fin du XXe siècle. Nous sommes de notre temps
et ne pouvons pas ne pas en être, non seulement du fait de la date de
notrenaissance, mais aussi du fait de notre éducation qui nous a donné
inévitablement des idées et des goûts propres à une époque : même si
nous portons un intérêt spécial à un âge révolu et regrettons qu'il soit
passé, la représentation que nous nous en donnons et notre attitude à
son égard dépendent de ce que nous a faits le milieu dans lequel nous
nous sommes éveillés à la pensée, et ce milieudépend de son temps.
Il n'en est pas moins vrai que, suivant le tempérament et surtout
suivant l'âge, on peut, de son temps, préférer ou bien ce qu'il conserve
du passé, ou bien ce qu'il apporte de nouveau.
Être de son temps devrait donc consister à accepter l'époque à laquelle
l'on vit avec tout ce qu'elle comporte : avec ses traditions comme avec
ses innovations plus ou moins révolutionnaires.Mais, par réaction
contre la masse naturellement conservatrice et routinière, ceux qui
prétendent être de leur temps sont portés à faire fi du passé à
l'avantage des seules nouveautés apparues à leur époque.
Parmi ces nouveautés figurent au premier rang la libération de certaines
contraintes que s'imposaient nos ancêtres : autrefois, on avait le sens
du travail et de l'économie, le respectdes règles du savoir-vivre et
des exigences du décorum pour l'observation desquelles on savait se
gêner, la préoccupation de la moralité qui maintenait longtemps les
jeunes, et surtout les jeunes filles, sous la surveillance de leurs
parents...
La devise « être de son temps » a la faveur des esprits à tendance
libertaire et jouisseuse beaucoup plus que de ceux qui se préoccupent
avant tout defaire leur devoir et de servir. A l'époque des pénibles
restrictions de la guerre et de l'après-guerre, était-il considéré comme
« de son temps » celui qui acceptait la situation avec courage, ne
cherchant pas à frauder les règles du rationnement et soucieux de
contribuer pour le bien commun à augmenter la production ? Au contraire,
certains le considéraient Comme le ridicule témoin d'uneépoque révolue
; mais qu'il renonçât à son bel idéalisme et cherchât à profiter du
désordre économique pour tirer de trafics plus ou moins avouables de
gros bénéfices lui permettant une vie large depuis longtemps oubliée des
familles honnêtes, alors on disait de lui : « il s'est mis à la page, il
est de son temps ». Après ces remarques, il ne sera pas difficile de
répondre aux questions...
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