Hannah arendt : une libération qui ne serait qu’une privation.

Pages: 8 (1768 mots) Publié le: 23 février 2011
Hannah Arendt : Une libération qui ne serait qu’une privation.
Condition de l’homme moderne 1958

Introduction.

Le travail fait partie intégrante de l’homme dans son sens premier ; en effet, le travail permet à l’homme d’être complet. Dans cet extrait de Condition de l’homme moderne , datant de 1958 Hannah Arendt, écrivaine et philosophe allemande exprime sa pensée quand à la mécanisationdes usines et des entreprises, et leurs incidences sur l’ouvrier, et plus particulièrement l’homme. Elle évoque les conséquences sociales d’une libération définitive du travail que promet l’automatisation de la production. Par définition, le travail se définit comme la suppression d’une contrainte, et le travail comme un détournement de la nature, et ce au profit de l’humain. Hannah Arendtsoutient que dans le contexte de développement des techniques, de modernisation, la libération du travail, ici la mécanisation, n’est pas une bonne idée. Depuis le début de la modernisation, c'est-à-dire depuis le XVIème siècle, le progrès technique cherche à faciliter, pour ne pas dire supprimer le travail, qui est un des plus anciens maux de l’humanité. Cet accomplissement serait donc bénéfique parnature, cependant Arendt expose le paradoxe entre glorification de la « valeur-travail » et l’effort de destruction de celui-ci. Selon elle, cela risquerait d’aboutir à une catastrophe sociale
Ainsi, Arendt montre les efforts de la société de se libérer du travail, et cela depuis l’antiquité, pourtant elle fait état du contraste visible entre les connotations antiques et modernes du travail,et cela l’amène à en tirer une première conséquence. Enfin, Arendt expose l’absurde résidant dans le désir d’abolir le travail dans une société qui le prend pour valeur morale et le glorifie.

I- Le futur proche permet, permet vraiment, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, d’imaginer une « fin du travail » (selon l'expression de Jeremy Rifkin) de manière réaliste.L’automatisation de la production rend vraisemblable la possibilité d’une société dans laquelle la totalité de la production des biens manufacturés sera assurée par des machines.
Plus de travail pour produire les vêtements, la nourriture, la boisson, les maisons, ni même les autres biens de consommation. La robotique et l’informatique peuvent même nous faire rêver d’un monde dans lequel certainesdécisions simples seraient prises par des machines. L’artisan, l’ouvrier, sont des figures vouées à disparaître au profit de chaînes de production de plus en plus efficaces, fonctionnant avec un minimum de supervision humaine. En somme, les besoins seront satisfaits sans que les humains doivent s’échiner : ils se libéreront alors, à tous points de vue, de « l’asservissement à la nécessité », ce joug« le plus ancien » et « le plus naturel », parce que lié à la nature la plus intime de l’humain, à son animalité la plus profonde. Le mouvement du progrès semble bien être celui-là : dans ce champ où jadis peinaient cinquante ouvriers agricoles, aujourd’hui un seul agriculteur récolte au volant de sa moissonneuse-batteuse.
Cependant, ce mouvement n’est pas spécifique à la modernité, qui,dans ce domaine, se contente de prolonger un des rêves les plus anciens de l’humanité. Il n’a pour but que d’en revenir à une rêverie antique. Dans l’Antiquité, le loisir, cette « heureuse oisiveté » que les Romains nomment « otium », apparaissait même comme l’un des privilèges les plus manifestes de la minorité aristocratique. Celle-ci, délivrée de la contrainte de gagner sa pitance, pouvait sedégager de l’étau de la nécessité (ce qui ne peut pas être autrement que cela n’est) pour se tourner vers le possible (ce qui pourrait être autrement), c’est-à-dire se consacrer à d’autres arts, que peuvent être la poésie, la musique, la religion, la politique.. Dans l’antiquité, l’esclavage occupait une place centrale, et les « citoyens libres » considéraient le travail comme une activité...
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