Kaldor

Pages: 18 (4459 mots) Publié le: 16 février 2012
ALAIN BÉRAUD Professeur à l’Université de Cergy Théma NICHOLAS KALDOR Alternative Theories of Distribution (1955-6) Nicholas Kaldor (1908-1986) est né à Budapest. En 1925-6, il suivit des cours à l’Université de Berlin ; mais, c’est à la London School of Economics, de 1927 à 1930, qu’il reçut l’essentiel de sa formation en économie. Il y suivit les cours d’Allyn Abbot Young et de Lionel Robbins.Il y côtoya, en particulier, Maurice Allen et John Hicks. Il enseigna, ensuite à la London School jusqu’en 1947. Après avoir travaillé durant deux ans à Genève au sein de la Commission Économique pour l’Europe, il fut nommé fellow puis professeur au King’s College à Cambridge. Il mourut en 1986. Kaldor était passionné par les problèmes pratiques de la politique économique. Il fut conseillerspécial du Chancelier de l’échiquier de 1964 à 1968 puis de 1974 à 1976. Bien qu’il fut partisan de l’économie de marché, il soutenait qu’une intervention de l’état est nécessaire pour rendre le système économique plus efficace et plus équitable. Kaldor se rallia, très tôt, aux idées de Keynes. Mais, il le critiquait pour ne pas avoir su intégrer, dans son analyse, les enseignements que l’on peut tirerde la théorie de la concurrence imparfaite. Keynes étudie des situations économiques où le capital et le travail sont simultanément sous-utilisés. L’offre de biens est excédentaire, c’est-à-dire que les entreprises produisent une quantité de biens inférieure au montant qu’elles souhaiteraient vendre, aux prix courants, sur un marché concurrentiel. Une telle situation n’est pas compatible avecl’existence d’une concurrence parfaite. Kaldor reproche à Keynes d’être resté fidèle à Marshall en acceptant l’idée que le coût marginal est croissant en courte période. À un instant donné, il existe des travailleurs et des machines qui n’ont pas la même efficacité et les entreprises utilisent, d’abord, les plus productifs. Cette description apparaît comme une extension inoffensive de la théoriericardienne de la rente extensive. C’est sur elle que s’appuie Keynes pour justifier l’hypothèse de la décroissance de la productivité marginale du travail. Elle est, pourtant, démentie par les faits qui montrent, selon la loi d’Okun, qu’en courte période, l’élasticité de la production vis-à-vis de l’emploi excède 1 : la production croît plus vite que l’emploi et les coûts marginaux sont décroissants. Ilfaut abandonner l’idée que le taux de salaire réel est égal à la productivité marginale du travail. Ce double constat justifie le programme de recherche de Kaldor : il faut construire une théorie économique cohérente où la macroéconomie keynésienne s’appuie sur une microéconomie fondée sur la théorie de la

2 concurrence imparfaite. C’est, dans ce cadre, que Kaldor développa une théorie «keynésienne » de la répartition : le taux d’investissement, qui est une variable exogène, détermine, pour des propensions à épargner données, la répartition du revenu entre salaires et profits. Parler d’une théorie keynésienne de la répartition peut apparaître paradoxal. Keynes ne s’est pas intéressé, en tant que telle, à cette question et, dans la Théorie Générale, il reprend la thèse néo-classiqueselon laquelle le taux de salaire réel est égal à la productivité marginale du travail. Pourtant, dans le Traité de la monnaie, il n’est pas loin de formuler l’idée centrale que développèrent Kalecki, Kaldor et Pasinetti : les travailleurs dépensent ce qu’ils gagnent, les capitalistes gagnent ce qu’ils dépensent. C’est la fameuse parabole de « la jarre de la veuve ». Commentant les équationsfondamentales qui, selon lui, déterminent la valeur de la monnaie, Keynes note, en passant, une particularité des profits qui en fait un revenu spécifique. « Si les entrepreneurs choisissent de consommer une partie de leurs profits (et rien, bien sûr, ne les empêche de le faire), l’effet est d’augmenter le profit qu’ils tirent de la vente des biens de consommation disponibles d’un montant exactement...
Lire le document complet

Veuillez vous inscrire pour avoir accès au document.

Vous pouvez également trouver ces documents utiles

  • Modele de kaldor
  • Carré magique de kaldor
  • Carré Magique de kaldor
  • Carre magique de kaldor
  • Carré magique de kaldor
  • Carre magique kaldor
  • le rapport entre les politiques economique et le carré magique de kaldor.
  • Lien entre progrès technique et croissance, cycles économiques, kaldor

Devenez membre d'Etudier

Inscrivez-vous
c'est gratuit !