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Pages: 11 (2563 mots) Publié le: 4 janvier 2015
SÉRIE L



Objets d'étude : Les réécritures - Le roman et ses personnages : visions de l'homme et du monde.
Textes :
Texte A : Gustave Flaubert, Mémoires d'un fou (posthume 1901), chapitre X.
Texte B : Gustave Flaubert, L'Éducation sentimentale (1869), première partie, chapitre I.
Texte C : Gustave Flaubert, L'Éducation sentimentale, troisième partie, chapitre VI.
Texte D : LouisAragon, Blanche ou l'oubli (1967), troisième partie, chapitre 3, "Une mèche de cheveux n'est pas une hypothèse".



Texte A : Gustave Flaubert, Mémoires d'un fou.

[C'est à l'âge de dix–sept ans, en 1838, que Flaubert achève la rédaction de cette ébauche de fiction autobiographique, qui ne sera publiée qu'en 1901. Pendant les vacances de l'été 1836 il a rencontré Elisa Schlesinger, quiinspirera le personnage de Mme Arnoux (voir textes suivants). Elle a alors vingt-six ans, il en a quinze.]

J'allais souvent seul me promener sur la grève. Un jour, le hasard me fit aller vers l'endroit où l'on se baignait. C'était une place, non loin des dernières maisons du village, fréquentée plus spécialement pour cet usage ; hommes et femmes nageaient ensemble, on se déshabillait sur le rivage oudans sa maison et on laissait son manteau sur le sable.
Ce jour-là, une charmante pelisse1 rouge avec des raies noires était laissée sur le rivage. La marée montait, le rivage était festonné2 d'écume ; déjà un flot plus fort avait mouillé les franges de soie de ce manteau. Je l'ôtai pour le placer au loin - l'étoffe en était moelleuse et légère, c'était un manteau de femme.
Apparemment onm'avait vu, car le jour même, au repas de midi, et comme tout le monde mangeait dans une salle commune, à l'auberge où nous étions logés, j'entendis quelqu'un qui me disait :
– Monsieur, je vous remercie bien de votre galanterie.
Je me retournai -, c'était une jeune femme assise avec son mari à la table voisine.
– Quoi donc ? lui demandai-je, préoccupé.
– D'avoir ramassé mon manteau ;n'est-ce pas vous ?
– Oui, madame, repris-je, embarrassé.
Elle me regarda.
Je baissai les yeux et rougis. Quel regard, en effet ! Comme elle était belle, cette femme ! Je vois encore cette prunelle ardente sous un sourcil noir se fixer sur moi comme un soleil.
Elle était grande, brune, avec de magnifiques cheveux noirs qui lui tombaient en tresses sur les épaules ; son nez était grec, ses yeuxbrûlants, ses sourcils hauts et admirablement arqués, sa peau était ardente et comme veloutée avec de l'or ; elle était mince et fine, on voyait des veines d'azur serpenter sur cette gorge brune et pourprée. Joignez à cela un duvet fin qui brunissait sa lèvre supérieure et donnait à sa figure une expression mâle et énergique à faire pâlir les beautés blondes. On aurait pu lui reprocher tropd'embonpoint ou plutôt un négligé artistique. Aussi les femmes en général la trouvaient-elles de mauvais ton. Elle parlait lentement : c'était une voix modulée, musicale et douce...
Elle avait une robe fine, de mousseline blanche, qui laissait voir les contours moelleux de son bras.
Quand elle se leva pour partir, elle mit une capote3 blanche avec un seul nœud rose ; elle le noua d'une main fine etpotelée4, une de ces mains dont on rêve longtemps et qu'on brûlerait de baisers.

1. manteau, doublé ou garni de fourrure.
2. bordé.
3. chapeau de femme, garni de rubans.
4. qui a des formes arrondies et pleines..



Texte B : Gustave Flaubert, L'Éducation sentimentale, première partie, chapitre I.

[Le 15 septembre 1840, sur un bateau, La Ville-de-Montereau, qui descend la Seinedepuis Paris jusqu'au Havre, Frédéric Moreau, un bachelier de dix-huit ans, rencontre une femme...]

Ce fut comme une apparition :
Elle était assise, au milieu du banc, toute seule ; ou du moins il ne distingua personne, dans l'éblouissement que lui envoyèrent ses yeux. En même temps qu'il passait, elle leva la tête ; il fléchit involontairement les épaules ; et, quand il se fut mis plus...
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