Les économies libérales

Pages: 15 (3732 mots) Publié le: 25 février 2013
L'économie néoclassique


C'est dans les années 1870 qu'émerge un nouveau courant d'analyse économique autour des travaux des économistes Jevons, Menger et Walras. Dénommé néoclassique par la suite, ce courant s'inscrit dans le prolongement de l'école classique avec son hypothèse de l'homo œcuméniques mais il s'en distingue aussi par une application systématique du principe de l'individualismeméthodologique. L'analyse du comportement individuel des agents économiques fonde en effet une construction théorique qui conduit à l'équilibre sur tous les marchés. L'analyse néoclassique, qui marque l'entrée en force des mathématiques dans la discipline économique, domine aujourd'hui largement les sciences économiques. Mais les travaux fondateurs de ce courant sont très divers et François Etneren restitue ici tant la généalogie que la richesse.
Le mot " néoclassique " n'est pas réservé aux économistes. En histoire des idées comme en histoire de l'art, une école " néoclassique " est une école qui succède à une autre, dite " classique ", avec suffisamment de continuité mais aussi avec des changements tels qu'on ne puisse pas les confondre. Le Parthénon d'Athènes est un temple classique,le Panthéon de Paris est de style " néoclassique ", parce que ses colonnes évoquent la Grèce antique mais pas au point qu'on puisse s'y tromper. De la même façon, Smith, Say ou Ricardo sont des auteurs économiques qu'on appelle " classiques " et Alfred Marshall, le héros de la période que nous allons envisager, caractérise une tendance dite " néoclassique ".


Une présentation d'ensembleVoyons d'abord les grandes lignes de l'intrigue, nous relaterons plus bas quelques scènes marquantes.

Quand commence et quand finit la période néoclassique ?
Après quelques inévitables précurseurs, l'affaire commença dans les années 1870, quand trois économistes mirent, indépendamment et presque simultanément, un nouveau concept au cœur de leurs analyses, l'utilité marginale. D'où le nom de "marginalisme " donné à cette nouvelle façon de procéder.
Les pères fondateurs étaient un Anglais, Jevons, un Autrichien, Menger et un Français, Walras. Bien entendu, ces trois auteurs avaient moins de points communs que nous ne le suggérons. L'Anglais était le plus professionnel, l'Autrichien le plus philosophe, ou plutôt le moins mathématicien, et le Français était le plus aigri parce que peu degens l'aimaient.
Alfred Marshall, que nous citions plus haut, vint plus tard, avec ses Principles parus en 1890, mais avec une autorité et un prestige inégalés en son temps. Il comprit que le marginalisme améliorait la compréhension de certains mécanismes économiques mais son champ de vision, plus vaste que celui de nos trois pères fondateurs, embrassait notamment la gestion, l'histoire et lasociologie.
La situation se compliqua à partir de la Première Guerre mondiale. Certains problèmes d'actualité comme l'abandon de l'étalon-or et les désordres des années 20 furent débattus dans des cadres assez éloignés de ceux d'avant guerre. Mais aucune théorie globale n'étant en mesure de remplacer le courant néoclassique, ce dernier sembla perdurer jusque dans les années 30 et même au delà.
Alorsvint Keynes, ancien élève de Marshall à l'Université de Cambridge, qui estima en 1936 qu'il était temps de tirer un trait sur les façons de raisonner d'avant guerre, parce que le capitalisme avait changé depuis et qu'il fallait expliquer convenablement la grande dépression des années 30. Keynes décida d'appeler " classiques " aussi bien les disciples de Smith que ceux de Marshall, au seul motif queni les uns ni les autres n'étaient keynésiens. On compta donc trois sortes d'économistes, si on acceptait cette terminologie : les classiques, les keynésiens et les autres, sans doute les plus nombreux, qui n'étaient ni classiques ni keynésiens.
Tout se compliqua à nouveau quand certains économistes prestigieux, parmi lesquels l'Anglais John Hicks et l'Américain Paul Samuelson, décidèrent...
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