Mémoire sur la langue des signes

6893 mots 28 pages
En France métropolitaine en 2008, environ 119 000 personnes utilisaient la Langue des Signes Française (LSF). Il parait donc intéressant d’étudier l’évolution et la structure de cette langue en tant que langue à part entière. Selon Saussure : « La langue est un système de signes exprimant des idées ». Une langue est une des formes prise par le langage humain, une actualisation de la faculté de langage. C’est un ensemble de signes plus ou moins complexe, dont le but est de communiquer avec autrui. Une langue n’est pas forcément orale, il existe des langues qui sont visuelles et gestuelles. C’est le cas de la langue des signes, qui a été développée par la communauté des sourds-muets et qui a les mêmes caractéristiques qu’une langue orale : c’est un système de signes organisé selon des règles. Nous avons donc été amenées à nous demander dans quelles mesures la langue des signes est une langue à part entière.
Nous tenterons d’apporter des réponses à cette question en traitant successivement l’histoire et l’évolution de la langue des signes, la formation des signes et la syntaxe de la langue des signes française.

PREMIERE PARTIE : HISTORIQUE DE LA LANGUE DES SIGNES.

A. Absence de communauté linguistique pour les sourds.

Comme le dit Bill MOODY dans son ouvrage sur la LSF, jusqu’au 18e siècle, les sourds sont vus comme incapables de témoigner par eux-mêmes. Ce sont donc les entendants qui parlent pour eux mais de façon souvent faussée. En général, une personne qui était la seule personne sourde dans son village faisait partie de la vie communautaire, et était tolérée au même titre que l’« idiot du village », « le débile ».
Le sourd, n’ayant pas accès à la parole, ne pouvait participer aux échanges oraux de la communauté. Il n’avait accès aux informations que de manière très réduite et adressée pour lui. La communauté entendante le considérait comme « intellectuellement inférieur ». En effet, les sourds n’avaient pas la même chance que les

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