Penser c'est dire non

Pages: 9 (2093 mots) Publié le: 5 janvier 2014
La capacité de penser est ce qui différencie, outre certains caractères physiques, l'homme des animaux. Dans ce texte dont on ne conserve généralement que la première phrase, Alain propose une définition de la pensée, de l’acte même de penser. Penser c’est dire non, c’est refuser d’accepter immédiatement une telle acceptation étant signe de soumission ou de paresse ou de sommeil de la raison.Penser, c’est donc d’abord être éveillé, être en activité et faire preuve de vigilance. Pourtant, suffit-il de refuser, de s’opposer pour penser ? Par ailleurs, faut-il dire non à tout ? Au vrai ? Au juste ? Au bien ?…Alain va donc s’attacher ici à préciser sa pensée. La pensée ne réside pas dans un refus systématique qui pourrait être le signe d’un esprit borné. La pensée doit d’abord dire non àelle-même. Penser c’est donc déjà combattre contre ses propres opinions, contre ses propres croyances, contre ses propres désirs. La tentation est grande de céder aux délices de l’opinion et à sa facilité. Le prisonnier qu’on détache commence d’ailleurs par souffrir. Il doit lutter contre lui-même. La célèbre formule de Socrate dit que s’il ne sait qu’une chose c’est qu’il ne sait rien. Il s’opposealors à ceux qui ont accumulé tout un ensemble de connaissances et qui se croient savants parce qu’ils peuvent les répéter. Socrate montre ainsi que le véritable savoir est un rapport à soi. D’où encore cette autre formule célèbre : « Connais-toi toi-même ». Penser c’est donc dépasser les apparences et cela demande un effort. Alain dit, en parlant de la dernière façon de penser, que nous venonsd’évoquer, que « penser, c'est dire non ». En quoi le jugement peut-il être conçu comme étant un refus ? En quoi, toutefois, ne saurait-il s’y réduire ? Et, enfin, en quoi la pensée est-elle, somme toute, un processus relevant à la fois du refus et de l'adhésion ?

Pour bien voir en quoi le fait de penser peut consister en un refus, il est capital d'analyser les étapes de la formation d'unjugement. Intellectuellement parlant, nous ne sommes pas vierges. Nous avons été amenés à avoir des avis sur ce qui nous entoure. Mais ces avis ne sont en fait que des opinions, des idées que nous tenons pour vraies sans en avoir réellement analysé la teneur et estimé la valeur.
Ainsi, quand nous nous efforçons de penser, deux choix s'offrent à nous : rejeter l'opinion ou en faire une penséeauthentique en la justifiant avec un raisonnement.
L'auteur établit un parallèle entre l'esprit et le corps : dire oui, c'est s'endormir intellectuellement ; de même que dodeliner de la tête, c'est le geste qui précède l'endormissement. Au contraire, l'homme qui veut s'éveiller commence par se secouer, ce qui produit le geste signifiant « non ». Alain semble chercher dans les signes, une significationcachée et naturelle portée par le langage : le signe du refus et le même que celui du réveil.
Par exemple penser à ce qu'il faut faire lorsque l'on est malade : deux opinions s'offrent à nous. Nous pouvons nous dire qu'il faut rester chez soi et se soigner, ou bien aller tout de même au travail ou faire nos occupations habituelles. Ces deux opinions ne sont pas plus fausses l'une que l'autre,tout dépendra par exemple du degré de gravité du mal dont on souffrira, des risques que l’on encourra de l’aggraver en ne s’arrêtant pas. Donc chacune des deux solutions peut être valable, et ce qui doit justifier notre choix n'est point l’adhésion à l'une ou à l'autre pour telle ou telle raison, mais plutôt notre état du moment. C'est l’exemple d'un jugement réfléchi qui a transformé en penséeles deux opinions qui lui avaient servi de point de départ.
Mais l'opinion peut se présenter sous plusieurs formes, soit, comme nous venons de le voir, sous la forme d’un avis, mais aussi sous la forme d’un point de vue personnel. Dans l’un et l’autre cas, nous devons agir de la même façon. C'est-à-dire que, si quelqu'un nous présente son opinion en nous disant ce qu'il convient de faire dans...
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