Penser l'organisation (socio)

Pages: 26 (6496 mots) Publié le: 14 janvier 2014
CHAPITRE III : PENSER L'ORGANISATION
COMME ENTITÉ
Plusieurs ensembles de réflexions et de théories ont été élaborées sur les Organisations.

I - Le Taylorisme
C’est Taylor qui, en 1911, a jeté les bases de la théorie des organisations, en émettant l’idée
que la direction d’une entreprise est une science, au même titre que celle de l’ingénieur, et
non un don propre à certaines personnes.Le bon directeur est celui qui organise
l’entreprise de façon à donner satisfaction à l’employeur, comme à l’employé, pendant
un fonctionnement de longue durée. Pour cela, il faut augmenter le rendement de
l’organisation, sans accroître le temps de travail. La direction doit faire en sorte que
l’ouvrier, sans avoir des conditions de travail plus pénibles, mais en recevant un salaire
plusélevé, produise davantage. Il s’agit donc de transformer l’ouvrier moyen en un très bon
ouvrier. Ce résultat sera obtenu par un système de primes au rendement. Le spécialiste en
temps et mouvements, comme disent les tayloriens, calculera le pourcentage d’augmentation
du salaire en fonction de la nature et de la difficulté de la tâche. Quel que soit le taux de la
prime, il faut obtenir qu’à chaqueouvrier soit confiée, dans la mesure du possible, l’exécution
d’une tâche correspondant à l’utilisation optimale de son habileté et de ses aptitudes
physiques. On peut alors lui demander une quantité de travail égale à celle qu’un très bon
ouvrier de sa catégorie est habituellement capable de fournir.
Taylor a voulu montrer qu’il existait un temps minimal dans lequel un ouvrier de premierordre peut exécuter une tâche donnée : c’est ce qu’il appelle le «temps normal», pour le travail
considéré. La théorie des organisations a retenu du taylorisme la conception selon
laquelle la direction d’une organisation ne relève ni du génie individuel ni d’aptitudes
personnelles, mais d’une technique qui s’apprend. Elle ne lui est pas seulement redevable
de cette idée. En assignant à unspécialiste, l’ingénieur des temps et des mouvements, la tâche
de déterminer le taux d’augmentation des salaires et le temps de travail minimal pour chacun
des employés d’un atelier, Taylor a également compris qu’à côté des Hommes de
l’organisation il y a place pour des personnes chargées de fonctions d’organisation. Il a, de ce
point de vue, ouvert l’entreprise aux chercheurs des sciences humaineset aux études sur le
comportement de l’Homme au travail.
On peut néanmoins lui adresser plusieurs reproches.
Taylor a traité l’organisation comme un milieu clos, sans tenir compte des relations que
l’entreprise, qui est une micro-organisation, entretient avec la société globale, macroorganisation dans laquelle elle se trouve placée. Il a, certes, examiné rationnellement la façon
d’améliorerle travail de l’ouvrier, mais il n’a pas abordé l’étude des modes de prise de
décision des dirigeants et des agents de l’organisation, si bien que sa science de la direction
n’est qu’une science du travail. Celle-ci prend l’ouvrier comme une machine, dont la
seule motivation est de gagner plus d’argent. Elle est tout entière centrée, ainsi que J. G.
March et H. A. Simon l’ont remarqué, « surles activités physiques de base qui sont
impliquées dans la production ». Le travail de l’ouvrier y est pensé à partir du modèle
mécaniste. Ce qui montre bien, comme le précisent encore March et Simon, que «Taylor et

ses associés ont étudié avant tout l’emploi des Hommes comme auxiliaires des machines dans
l’exécution des tâches de production routinières».
Si Taylor a rendu possiblel’essor des travaux sur l’automation, et les aspects répétitifs
du travail humain, il a donc, en revanche, complètement négligé les sentiments de
l’ouvrier, c’est-à-dire la dimension psychologique et psychosociologique du travail que
devaient ensuite prendre en compte les relations humaines.
Né, enfin, de l’analyse des tâches les plus simples, le taylorisme ne s’applique pas au travail...
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