Peut on parler d'un droit à la vie

Pages: 6 (1499 mots) Publié le: 12 avril 2010
Dissertation : Peut-on parler d’un droit à la vie ?
Le droit ne décrit pas une réalité, mais se réfère à une valeur ; il ne dit pas ce qui est, mais ce qui doit être. Ce qui est ne se choisit pas, ce qui est existe, mais ce qui doit être se choisit et se discute. Ne pouvant juger du droit par rapport à une réalité donnée, il faut pour l’apprécier, discuter de la valeur sur laquelle il sefonde. La vie peut elle être une valeur ? Peut-on parler d’un droit à la vie ?
De manière classique on pourrait pensait que le droit à la vie renvoie à la question de la protection de la vie de l’individu contre les atteintes qui pourraient lui être portées. Si j’ai le droit à la vie, aucun Etat, aucune Eglise, aucune Société, aucune Autorité ne peuvent édicter des lois positives pouvant me priver,pour des motifs juridiques ou moraux, de cette vie qui me constitue comme être humain. Selon Hobbes, la peur de la mort, la volonté de puissance et le désir de conservation dérivent d’un état de fait : « la guerre de chacun contre chacun ». D’où l’Etat qui doit garantir la sécurité. Ainsi, la justice, la moralité ne sont que des fictions face à la seule chose qui compte vraiment : le droit à lavie, fondement de tout. Il y aurait alors un caractère sacré de la vie inhérente à mon être même, ce qui signifie que je suis un être de dignité et que la vie fait partie de ce qu’on ne peut me ravir . Mais déjà sur cette interprétation classique, deux problèmes essentiels se posent.
Peut-on tout d’abord parler d’un droit à la vie s’agissant d’un être vivant qui n’est pas un être de conscience ?Animaux, plantes, humains doivent ils êtres soumis aux mêmes règles, aux mêmes droits ? On se rend vite compte que parler d’un droit à la vie pour TOUT être vivant est aberrant. Que penser sinon de ces animaux ou végétaux que nous tuons pour nos besoins alimentaires ou fonctionnels. Les êtres vivants qui ne sont pas des Hommes ne peuvent être qualifiés de personnes ; alors que les êtres pourvus deraison sont des fins en soi, les choses sont des êtres dépourvus de conscience et de raison, incapables de jugement, et, donc inaptes à revendiquer ou à reconnaître des droits. C’est pourquoi l’homme peut les utiliser à son service ; ce sont des moyens ; certes, il doit le faire avec discernement, en s’abstenant de faire par exemple, souffrir les animaux mais finalement en dehors de l’espècehumaine, aucun être vivant ne peut recevoir des droits. Ainsi on ne parle pas de droit à la vie pour toutes les choses de la nature. Le droit à la vie serait donc associé à la liberté du sujet, et à sa qualité d’être conscient. Cependant, dans les faits, on peut ne pas avoir accès à la pensée, ou à la conscience, ou encore au jugement et avoir des droits. Une personne malade d’Alzheimer par exemplebien qu’incapable de les revendiquer, bénéficie toujours des droits reconnus à la personne humaine !! La société se doit de prendre en charge les faibles, les malades, tous ceux qui n’ont pas les moyens intellectuels de faire valoir eux-mêmes leurs droits, dont celui du droit à la vie. Ce type de garantie de droit à la vie ne fait pas débat dans le sens où il s’agit d’unefonction régalienne del’Etat.
Le deuxième problème qui se pose est si un Etat, au nom de la justice et pour punir un crime commis a-t-il le droit de tuer un criminel et d’autoriser la peine de mort ? Dans de nombreux textes et notamment celui de la Convention européenne des Droits de l’Homme où il est clairement énoncé que « Le droit de toute personne à la vie est protégée par la loi », les titulaires du droit à la vie nesont jamais clairement définis . Et ainsi la proclamation d’un « droit à la vie » ne permet pas de poser et de mener une conduite juridique claire. Sans lois pour l’appliquer elle n’est qu’une déclaration de principe comme tant d’autres. Et finalement, le premier exemple concret de transcription en droit positif français d’un principe jusqu’alors abstrait est l’abolition de la peine de mort en...
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