Quelles fonctions pour le conte de fées ?

6058 mots 25 pages
Introduction : Quelles fonctions pour le conte de fées ? Jean-Jacques Vincensini définit ainsi le conte : « il raconte des événements imaginaires, voire merveilleux ; sa vocation est de distraire, tout en portant souvent une morale ; il exprime une tradition orale multiséculaire et quasi universelle ». Pourtant, si l’aspect merveilleux du conte et sa finalité de distraction sont effectivement reconnus, l’affirmation de sa double vocation – distraire et enseigner –, soutenue par le conteur fondateur de ce genre littéraire, Charles Perrault, ne semble pas faire l’unanimité. Au contraire, elle est sujette à débat : Jean-Paul Sermain semble ne pas avoir de réponse quant à ce que serait l’utilité du conte, alors que Jack Zipes y voit clairement une fonction éducative de socialisation, tandis que Bruno Bettelheim, pour sa part, affirme que les contes de fées auraient des vertus thérapeutiques, et que François Flahaut leur accorde un pouvoir cathartique. Qu’en est-il donc ?
Le conte de fées serait-il purement gratuit, ou renfermerait-il des enseignements et des vertus curatives ?
Les auteurs de tels contes ont affirmé, et souvent mis en pratique, la fonction divertissante de ces récits, et parfois même leur fonction pédagogique. Cette pédagogie s’est alors appuyée sur le statut allégorique des contes : les enseignements étant prétendument représentés de manière imagée, afin de mieux agréer au lecteur. Mais, plus récemment, des psychanalystes ont également pu exploiter ces récits imagés (dépassant ainsi le projet conscient des conteurs) pour mettre en évidence le pouvoir de symbolisation des contes de fées, et affirmant ainsi le caractère cathartique et thérapeutique de ces récits merveilleux… I/ À l’origine, une double fonction « plaisir » et « éducation » Dans Le conte de fées du classicisme aux Lumières, Jean-Paul Sermain pose les fondements du débat qui entoure les fonctions de ce genre littéraire, en notant qu’« on ne sait pas pourquoi

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